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15:43 23 février 2020 | mise à jour le: 23 février 2020 à 15:43

L’univers des «Sims» s’enrichit toujours, 20 ans plus tard

L’univers des «Sims» s’enrichit toujours, 20 ans plus tard
Photo: David McNew/Getty ImagesUne démonstration des Sims 2 à Los Angeles

Des possibilités infinies derrière l’apparence du quotidien: 20 ans après la sortie du premier jeu, les Sims continuent d’inspirer des millions de joueurs, qui construisent des histoires et des bâtiments autant qu’ils se construisent eux-mêmes.

«Les Sims font toujours partie de mon quotidien, je les connais depuis plus longtemps que mon mari»: à 36 ans et derrière son pseudo, «GGO» est de toutes les aventures des Sims. «C’est mon oncle qui m’en a parlé, quelques mois après la sortie. Au début je recréais des histoires que j’avais inventées mais quand le jeu s’est étoffé, j’ai continué en créant des histoires avec les Sims».

Elle fait partie des 20 millions de joueurs recensés au cours du dernier trimestre 2019 par Electronic Arts, qui édite le jeu créé par Will Wright, le même à l’initiative de SimCity, simulation plaçant le joueur aux commandes d’une ville. Dans les Sims, le joueur crée un alter ego virtuel et peut créer une ville et des personnages, fonder une famille, trouver un travail…

«Au départ, tout le monde affirmait que ce jeu était idiot, notamment sur son principe: recréer les problèmes de la vie quotidienne», se rappelle la sociologue Pascaline Lorentz, autrice du livre Grandir en s’amusant avec le jeu vidéo «Les Sims».

Les Sims sont devenus une des franchises phares d’Electronic Arts, avec des revenus supérieurs à 5 milliards de dollars entre sa création et novembre 2019, et plus de 200 millions d’exemplaires vendus, selon les derniers chiffres datant de 2016.

Dans la catégorie simulation de vie, il domine largement les autres titres, malgré les succès de certains comme Animal Crossing de Nintendo, dont un nouvelle épisode sort en mars 2020 sur la Nintendo Switch, ou d’autres jeux où de gestion, comme Zoo Tycoon de Microsoft.

Les Sims: un espace de liberté

Le joueur n’est pas guidé par une trame narrative ou des missions à accomplir, juste par la surveillance des huit jauges des besoins de base – la faim, l’énergie, le confort, le divertissement ou encore la vessie. Plusieurs générations de joueurs se sont saisies de cet espace de liberté, sans interdit ou norme: le premier jeu permettait déjà des relations homosexuelles et depuis les Sims 2, un corps d’homme peut enfanter.

Le jeu est «projectif» pour les jeunes, explique le psychologue Michael Stora, qui l’a utilisé dans un usage thérapeutique, notamment par la personnalisation extrêmement poussée des avatars.

Certains joueurs «s’incarnent en miroir dans le jeu mais adoptent des comportements qu’ils n’oseraient jamais dans la vie». D’autres «s’idéalisent, mais gardent finalement le même type de relations», analyse-t-il.

Mais comme chaque action a des conséquences dans les interactions avec les autres Sims, contrôlés par l’intelligence artificielle, le jeu sert aussi de test: «les adolescents expérimentent par exemple la drague via leurs Sims. Si le Sims essaye tout de suite d’embrasser une personne, il sera repoussé», poursuit Pascaline Lorentz.

Participation de la communauté

L’univers des Sims est illimité et s’enrichit en permanence. Si seuls quatre jeux sont sortis, en 2000, 2004, 2009 et 2014, ils sont agrémentés de multiples extensions. La dernière en date, «les Sims à la fac», est sortie en novembre 2019.

Les joueurs eux-mêmes participent à l’enrichissement avec le «modding», en ajoutant au jeu des objets qu’ils ont eux-mêmes conçus. «Les concepteurs sont attentifs à la communauté. Récemment il y a eu une réunion où les modérateurs ont écouté nos retours pour faire des améliorations», précise Benjamin, 22 ans dont 11 à explorer les Sims sous le pseudo Fezet.

Il fait partie des joueurs dit «constructeurs» et peut passer «plusieurs heures» à inventer ou reproduire des bâtiments. «Par rapport à d’autres jeux similaires comme Minecraft, on n’a pas à se soucier de survivre ou se défendre», explique l’étudiant en école d’architecture.

Les Sims ne sont pas près d’arrêter de jouer: Andrew Wilson, le PDG d’Electronic Arts, a confirmé fin janvier qu’un cinquième opus se préparait dans une interview pour la chaîne américaine CNN. Aucune date de sortie n’a été avancée.

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