Mouammar KadhaÂfi vient à peine de quitter Tripoli que la course pour l’obtention des contrats pétroliers du nouveau régime libyen est commencée. Le mois prochain, la compagnie italienne Eni compte rouvrir son oléoduc en Libye. La production pétrolière d’Eni, le plus gros investisseur étranger en Libye, a été arrêtée pendant les six mois qu’a duré le conflit pour se débarrasser de Kadhafi.
«Les sites pétrolifères d’Eni en Libye sont en très bonne condition, a affirmé un porte-parole de la pétrolière italienne à Métro. Il y a toutefois des dangers, car les troupes du Colonel ont placé des mines autour des installations.»
En plus de planifier sa production, Eni est en train de passer ses champs pétrolifères au crible pour trouver les bombes. Les employés, qui avaient été expatriés au début du conflit, commenceront à réintégrer leurs fonctions le 15 octobre.
Pendant ce temps, d’autres compagnies – et d’autres pays – ont entamé une course frénétique pour l’or noir libyen. La production de pétrole devrait revenir au même niveau qu’avant le conflit d’ici six mois, selon Nuri Berruien, président de la Compagnie nationale pétrolière de Libye.
Bien que la Libye ne détienne que 2 % de la production mondiale de pétrole, son or noir se vend à gros prix, car il s’agit de pétrole brut léger et non corrosif. Certains croient même que le pays possède des ressources pétrolières additionnelles.
«Sous Kadhafi, il était très complexe de faire des affaires en Libye. Les choses changeaient rapidement et les règles dans les contrats étaient tellement strictes que le pays a souffert de sous-investissement», exÂpliÂque Samuel Ciszuk, analyste senior du Moyen-Orient à IHS Energy.
Les compagnies pétrolières comme Eni ou BP, qui ont fait affaires avec Kadhafi, doivent bientôt renouveler leur contrat avec le CNT, le nouveau régime libyen. «Je ne crois pas que le nouveau gouvernement se venge, mais il reste à voir comment l’ancienne relation qu’entretenait BP avec Kadhafi va être vue par le nouveau régime», confie à Métro un ancien ambassadeur britannique qui veut garder l’anonymat.
Les compagnies qui n’étaient pas favorables à Kadhafi ont maintenant les yeux rivés sur les nouveaux contrats. «C’est une course pour repartir la production de pétrole, parce que la Libye dépend de son exportation de pétrole. Mais le CNT n’a pas encore les compétences et l’aisance pour négocier de nouveaux contrats. Aucun contrat n’a été signé pour le moment et quand ce sera fait, ça prendra au moins deux à trois ans pour que l’or noir recommence à couler», note M. Ciszuk.