Uncategorized

Affaire Trayvon Martin ou de la suspicion meurtrière

D’un bout à l’autre du pays mardi, des milliers de manifestants vêtus d’un chandail à capuchon et tenant un sac de skittles et une cannette de thé glacé se sont rassemblés sur les places publiques pour exiger que justice soit rendue dans l’affaire de Trayvon Martin, cet adolescent de dix-sept ans qui a été tué à Sanford en Floride par un garde de sécurité qui plaide la légitime défense.

Il y a un mois mardi, Trayvon Martin, un jeune noir non armé, qui revenait à pied du dépanneur où il s’était acheté un sac de skittles et un thé glacé, avait éveillé les soupçons de George Zimmerman qui effectuait des rondes de surveillance dans son quartier. Suite à une altercation avec la victime, Zimmerman croyant sa vie en danger, aurait fait feu sur l’adolescent, selon sa version des faits. Mais les manifestants qui se sont rassemblés partout mardi affirment que Martin a été victime de profilage racial et accusent les policiers d’avoir bâclé l’enquête.

L’ampleur des manifestations a poussé le maire de Sanford à faire appel au FBI pour l’aider à déterminer si la police de la ville avait commis des erreurs et quelles devraient être les prochaines démarches dans l’enquête. Jeff Triplett a affirmé que la ville s’engageait à prendre les mesures nécessaires pour que justice soit rendue sur les recommandations de ces instances externes.

La mort du jeune Noir a relancé le débat sur une loi votée en 2005 en Floride avec le soutien du lobby des armes, la NRA. Ce texte -appelé «Stand your ground»- a élargi les conditions d’exercice de la légitime défense. Mais selon l’ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, la loi, qu’il avait promulguée, ne saurait s’appliquer en l’espèce. « Ce texte a été conçu pour que les gens puissent se défendre, pas pour qu’ils se mettent à poursuivre quelqu’un qui leur a tourné le dos», a-t-il déclaré dans le Dallas Morning News.

Au-delà du profilage racial évoqué, ce qui choque particulièrement dans cette histoire c’est le fait que Martin ait été abattu par un homme qui n’était même pas un policier. Une situation qui laisse l’impression que n’importe qui a le droit de tuer sur la base de ses soupçons ou de ses craintes. On ne sait pas jusqu’où iront les manifestations et si un réel mouvement pour le changement peut sortir de cette tragédie. Mais une chose est certaine, le cas de Trayvon Martin pourrait provoquer une prise de conscience des jeunes et une réelle implication future dans l’action sociale.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version