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Massacre en Afghanistan ou la bavure de trop

Jamais depuis le début de la guerre en Afghanistan on n’avait enregistré un acte aussi odieux que celui de dimanche dans la province de Kandahar, où un sergent de l’armée américaine a abattu de sang-froid 16 personnes, dont 9 enfants et 3 femmes. Le carnage a été perpétré dans trois villages, mais c’est à Panjwai qu’il aurait mis le feu à 11 corps, dont ceux de 4 fillettes de 6 ans.

Les autorités américaines ont passé la journée d’hier à essayer de réparer les pots cassés et contenir les dégâts à la suite de cette nouvelle bavure particulièrement gênante qui survient à un moment très difficile des négociations et des relations entre les États-Unis et l’Afghanistan.

Les versions se contredisaient encore ce lundi. Aux dires de l’armée américaine, le soldat, un sergent âgé de 38 ans, marié et père de deux enfants, aurait quitté sa base tôt dimanche matin pour se rendre dans un village avoisinant où il aurait ouvert feu sur des civils, en tuant seize dont neuf enfants. Il aurait ensuite tenté de brûler les cadavres de ses victimes. Le soldat qui faisait partie d’une mission de stabilisation en Afghanistan s’est rendu aux autorités américaines après le massacre.

Par contre, au village, des résidents affirment que plusieurs soldats étaient impliqués dans les attaques, alors que d’autres disent avoir vu un hélicoptère et des fusées éclairantes sur les lieux du massacre. Dans une première déclaration tout de suite après l’incident le président Karzai avait lui-même dit que des forces américaines étaient entrées dans les maisons de Panjwai, avant de se raviser  pour dire que les meurtres avaient été commis par un soldat agissant seul.

Ce n’est pas difficile de s’expliquer l’incrédulité des Afghans face à la version officielle de l’armée américaine. L’attaque survient deux jours après un autre épisode sanglant dans la province de Kapisa, où un hélicoptère de l’OTAN avait pris des Talibans en chasse, tuant par erreur quatre civils, en blessant trois autres.

Au-delà des répercussions certaines sur la sécurité des Américains sur le territoire afghan (les talibans appellent déjà à la vengeance), ce nouvel incident pourrait mette en péril les négociations qui doivent déterminer  le rôle des États-Unis après le retrait des troupes de combats. Elles avaient failli être interrompues déjà ces dernières semaines,  à la suite de la destruction d’exemplaires du Coran par des soldats sur la base de Bagram.

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