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Apollo: Marc Garneau estime que la STQ est responsable et non Transport Canada

Apollo: Marc Garneau estime que la STQ est responsable et non Transport Canada
Photo: THE CANADIAN PRESS/HO, Michael BaconLe traversier Apollo n'est plus en service.

La remise en question du processus de certification du traversier Apollo par Transport Canada ne semble pas avoir atteint le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

Au lendemain du retrait définitif du navire par la Société des traversiers du Québec (STQ) parce que sa navigabilité et sa sécurité ont été mises en doute, le ministre Garneau a placé la responsabilité de cette situation entre les mains de la STQ.

Interrogé à son arrivée aux Communes, mercredi matin, M. Garneau a affirmé que l’Apollo est «une responsabilité de la province, la Société des traversiers du Québec, qui ont décidé d’acheter ce traversier pour remplacer le (F.-A.) Gauthier qui était en cale sèche. Alors c’est eux qui l’ont acheté et c’est eux qui sont responsables des opérations de ce traversier».

Le ministre a ensuite ajouté que: «Nous, on a un rôle à Transport Canada, c’était de vérifier qu’il était sécuritaire. On l’a fait au mois de février, alors je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. Le BST (Bureau de la sécurité des transports) va essayer d’examiner pourquoi il y a eu un problème quand il est venu s’accoster à Matane.»

Cependant, l’enquêteur François Dumont, du BST, a expliqué mardi à La Presse canadienne que les dommages qui compromettent la navigabilité et la sécurité de ce bateau sont imputables à plusieurs années d’entretien et de supervision déficients et non à la collision avec le quai de Matane.

Certifié par Transport Canada malgré un état douteux

M. Dumont a d’ailleurs confirmé que l’enquête du BST «va creuser au cours des prochaines semaines la raison pour laquelle ce bateau naviguait entre St. Barbe,Terre-Neuve et Blanc-Sablon au Québec», dans le détroit de Belle Isle, où il était en service au moment de son achat par la STQ.

Or, le bateau avait été certifié par Transport Canada pour son utilisation dans le détroit de Belle Isle et l’organisme l’avait certifié à nouveau en février — comme l’a indiqué Marc Garneau — après avoir demandé à la STQ d’y effectuer certaines réparations.

Le constat de l’inspecteur Dumont laissait pourtant peu de doutes sur le caractère contestable de ces certifications consécutives: «On va définitivement se pencher sur le fait que ce ne sont pas des dommages qui sont survenus dernièrement. C’est de la détérioration sur le long terme. Ce bateau a clairement manqué d’amour, manqué de supervision et d’entretien», avait-il déclaré mardi lors d’une entrevue téléphonique.

Acheté de bonne foi

Le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut, avait d’ailleurs plaidé que l’Apollo avait été acheté de bonne foi en janvier, notamment sur la base du fait que le navire était certifié par Transport Canada au moment de l’achat et que le ministère fédéral l’avait à nouveau certifié en février avant sa mise en service sur le fleuve.

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, s’était d’ailleurs interrogé mardi sur la valeur de la certification de Transport Canada, invoquant à son tour les inspections de Transport Canada à Terre-Neuve et celles précédant sa mise en service sur la liaison Matane-Baie-Comeau-Godbout.

Le ministre Bonnardel avait indiqué que le ministère de M. Garneau était pourtant vu comme «un gage de certification important», ajoutant qu’il serait opportun de s’interroger sur la valeur cette certification: «Si ce processus doit être revu, je pense qu’il faut poser la question au fédéral».

Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne