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Des élus de divers milieux manifestent contre le projet de loi 21

Des élus de divers milieux manifestent contre le projet de loi 21
Photo: Pablo Ortiz/MétroAnthony Housefather, député libéral de la circonscription de Mont-Royal à la Chambre des communes du Canada, lors de la manifestation du 14 avril 2019.

MONTRÉAL — Des politiciens fédéraux, provinciaux et municipaux ont manifesté dimanche en compagnie de leaders communautaires et de citoyens pour dénoncer le projet de loi sur la laïcité.

Ils ont dénoncé la mesure législative du gouvernement caquiste, la qualifiant de discriminatoire et d’inconstitutionnelle.

Quelques centaines de personnes ont participé à cette manifestation qui s’est déroulée devant un centre communautaire à Côte-Saint-Luc, sur l’île de Montréal.

Au moins de cinq députés libéraux fédéraux étaient sur les lieux, dont le député de Mont-Royal, Anthony Housefather, qui a déclaré que les politiciens avaient la responsabilité de se lever contre un projet de loi qui menaçait, selon lui, les droits et libertés fondamentaux.

«À titre de député fédéral, s’il existe une loi qui menace les droits de mes électeurs, c’est mon devoir de me lever et de protester contre elle, quel que soit l’ordre du gouvernement qui l’a adoptée», a-t-il déclaré.

Il a également dénoncé la décision du premier ministre du Québec, François Legault, d’invoquer la disposition de dérogation pour bloquer toute contestation judiciaire potentielle, affirmant que la population devrait au moins avoir le droit de savoir si un projet de loi est constitutionnel.

Selon M. Housefather, non seulement la disposition de dérogation ne doit pas être utilisée du tout, on ne doit pas l’invoquer non plus de façon préventive.

«Si un gouvernement veut faire subir le test des tribunaux à une loi, il doit aller jusqu’au bout pour savoir si elle est inconstitutionnelle. Une fois qu’on a déterminé son inconstitutionnalité au vu et au su de la population, il peut utiliser le dispositif de dérogation. Cela sera sa prérogative et il aura un prix politique à payer», a-t-il souligné.

Autre manifestant de marque: le député libéral de la circonscription de D’Arcy-McGee, Davie Birnbaum. Selon lui, le projet de loi 22 va à l’encontre de la véritable neutralité religieuse qu’elle est inéquitable pour tous les citoyens.

«L’idée d’un État neutre est très nette, a-t-il soutenu. Si je peux porter ma kippa, si on peut porter son hijab, si on peut porter une coupe mohawk avec cinq anneaux dans le nez, l’État doit être aveugle. Le droit d’exercer sa religion de toutes les façons est sacré.»

Il y avait un absent de marque: le maire de Hampstead, William Steinberg, qui avait semé la controverse en comparant le projet de loi 21 à un «nettoyage ethnique sans fusil». Il a décidé de ne pas participer à la manifestation après avoir rejeté maintes demandes d’excuses.

Une manifestante, Cynthia Carsley, a approuvé la déclaration de M. Steinberg. «Les mots étaient tout à fait justes, car si on enlève aux gens le droit de se vêtir comme leur religion leur prescrit, c’est dictatorial.»

Une autre manifestation contre le projet de loi s’est déroulée dimanche après-midi au centre-ville de Montréal.

Legault favorable au débat

En mêlée de presse en marge des célébrations du 75e anniversaire d’Hydro-Québec, le premier ministre François Legault a dit être favorable à la poursuite du débat dans la mesure où il demeure respectueux.

Il s’attend à ce que le débat public se poursuive durant encore plusieurs semaines, mais rappelle que la discussion sur la laïcité est déjà entamée depuis 12 ans au Québec.

«Que l’on continue le débat, je pense que la position qu’on a défendue est déjà une position de compromis, a déclaré M. Legault. Est-ce qu’il peut y avoir d’autres modifications, d’autres suggestions? Ce n’est pas impossible, mais je pense que sur le fond, il y a une grande majorité de Québécois qui souhaite qu’on interdise les signes religieux pour le personnel de l’État qui est en situation d’autorité.»

En ce qui concerne les enseignants de niveaux primaire et secondaire, le premier ministre insiste sur l’importance de penser aux enfants d’abord.

«Quand on regarde une enfant de cinq, six, sept ans, c’est clair que l’enseignante ou l’enseignant est en position d’autorité. Il faut penser à l’enfant et il ne faut pas oublier qu’on donne un droit acquis, donc les enseignants actuels ne perdront pas leur emploi», a-t-il répété.

Morgan Lowrie, La Presse canadienne