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Inondations: Québec retire 30 municipalités de sa «Zone d’intervention spéciale»

Inondations: Québec retire 30 municipalités de sa «Zone d’intervention spéciale»
Photo: Graham Hughes/La Presse canadienneOfficier de police de la Sûreté du Québec

Le gouvernement du Québec retire finalement une trentaine de municipalités de sa «Zone d’intervention spéciale», dans laquelle il ne sera plus possible de reconstruire ou de construire des bâtiments après les inondations printanières de 2017 et 2019. Dans plusieurs municipalités du Grand Montréal, l’exécutif pousse un soupir de soulagement.

Québec avait présenté le 17 juin dernier un décret qui établissait un «régime de contrôle intérimaire» dans 813 des 1109 municipalités du Québec, d’ici à ce qu’un nouveau cadre soit élaboré par le gouvernement et mis en oeuvre par les municipalités. Or, cette carte, basée notamment sur des données satellitaires, a été vivement contestée dans des municipalités, qui ne voyaient pas d’un bon oeil qu’on interdise la reconstruction ou le développement dans certains secteurs.

Le gouvernement, qui a reconnu certaines imprécisions de la cartographie, a tenu le 4 juillet des assemblées publiques de consultations dans les 16 régions touchées par les inondations. À la suite de ces consultations, ce sont maintenant 783 municipalités qui font partie de la «Zone d’intervention spéciale» (ZIS), soit 30 de moins qu’en juin.

Dans ces 783 municipalités, le gouvernement maintient donc un moratoire sur la construction de nouveaux bâtiments et la reconstruction de bâtiments détruits par une inondation sur l’ensemble des «zones inondables 0-20 ans».

Dans le Grand Montréal, la Ville de Dollard-des-Ormeaux a été entièrement retirée de la ZIS. D’autres municipalités l’ont été partiellement.

Pour Pointe-Claire, qui n’a pas été atteint par les inondations du printemps 2019, mais qui a fait part de sa grogne après la mise en place du ZIS, les modifications de lundi s’avèrent une bonne nouvelle.

«On avait 265 maisons dans la zone au commencement. Avec les mesures d’aujourd’hui, il n’en reste que 15», a observé le maire de la Ville de Pointe-Claire, John Belvedere, en entrevue avec Métro.

«On avait demandé d’enlever toutes les maisons, mais on va continuer nos rencontres avec le gouvernement dans les prochains jours. On est confiants qu’on va pouvoir enlever les 15 dernières», a-t-il ajouté.

Le politicien constate que Pointe-Claire n’a pas été touchée par les inondations en 2017 ni en 2019, ce qui justifie ses demandes auprès de Québec.

À Laval, le sentiment est le même. Dans un communiqué de presse, le maire de la Ville a soutenu que cette nouvelle mouture de la ZIS arrivait avec de «nets progrès».

«Mes échanges avec la ministre [des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée] Laforest ont porté fruit puisque le nouveau décret respecte davantage la réalité lavalloise. Globalement, le territoire concerné a été réduit de 20%», a-t-il avancé.

Pour ce qui est de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où les inondations du printemps dernier avaient été causées par la rupture d’une digue, des dispositions particulières s’appliquent. Les bâtiments détruits par l’inondation pourront être reconstruits, mais aucune nouvelle construction ne sera permise sur les terrains qui étaient vagues le 1er avril dernier. Par contre, sur la partie du territoire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac située en zone inondable 0-20 ans, les dispositions de la ZIS s’appliqueront.

La liste des municipalités visées par le nouveau décret se trouve sur le site du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Les municipalités auront jusqu’au 19 août pour soumettre au ministère des demandes de révision ou de «précisions».

Les graves inondations de ce printemps ont touché 250 municipalités au Québec et forcé l’évacuation de plus de 10 000 personnes; des crues printanières avaient aussi touché durement le Québec il y a deux ans.

La Presse canadienne