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La survie aux cancers du sang est en progression, selon un nouveau rapport

MONTRÉAL — Le taux de survie au cancer s’est amélioré depuis le début des années 1990, mais les hausses les plus fortes ont été observées pour les cancers du sang, notamment en raison de la contribution de la médecine de précision, démontre le rapport «Statistiques canadiennes sur le cancer 2019» rendu public mercredi.

Sur une période de 20 ans, indique le rapport, les progrès au chapitre de la survie après cinq ans pour les cancers du sang les plus fréquents ont été plus grands que pour tous les autres cancers. Depuis le début des années 1990, la survie globale au cancer a grimpé de huit points de pourcentage, passant de 55 à 63 pour cent, alors que la survie aux cancers du sang les plus communs — comme le lymphome non hodgkinien, le myélome multiple et la leucémie — a augmenté de 16 à 19 points de pourcentage.

«La médecine de précision c’est un terme un peu vague, mais ça se résume à une meilleure compréhension de la biologie des individus et de la tumeur, a expliqué le docteur Jean-Sébastien Delisle, qui est hémato-oncologue et chercheur au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Ça permet vraiment de mieux cibler les vulnérabilités des cellules tumorales et/ou de mieux adapter les traitements aux patients.»

Il ne fait aucun doute, poursuit le docteur Delisle, que les cancers du sang sont ceux qui réagissent pour le moment le mieux à la médecine de précision, qui est aussi appelée médecine personnalisée.

La médecine a d’ailleurs souvent fait ses classes auprès des cancers du sang, et ce qu’elle y a appris a ensuite été utilisé ailleurs. La polychimiothérapie, par exemple, a été développée pour combattre la leucémie infantile et la maladie de Hodgkin, avant d’être adoptée face à d’autres cancers. L’immunothérapie, qui avait été en bonne partie développée dans les cancers du sang, fait maintenant partie de l’arsenal thérapeutique, notamment en cancer du sein.

Le docteur Delisle croit que l’histoire risque de se répéter avec la médecine de précision.

«Les chiffres (du rapport) datent de 2015, a-t-il rappelé. Donc en 2019, la Société canadienne du cancer nous donne un portrait du passé récent, mais pas du présent. Il y a quand même eu depuis 2015 beaucoup d’avancées, et ça probablement qu’on le verra dans trois ou quatre ans.»

Faits saillants du rapport

Plus de 220 000 nouveaux cas de cancer devraient être diagnostiqués au Canada en 2019, poursuit le rapport. Cela signifie qu’à chaque heure de chaque jour, environ 25 personnes recevront un diagnostic de cancer et environ neuf personnes seront emportées par la maladie. Un peu plus d’hommes (113 000) que de femmes (107 400) risquent de recevoir un diagnostic de cancer en 2019.

Les cancers colorectaux, du poumon, du sein et de la prostate devraient demeurer les cancers les plus souvent diagnostiqués, représentant 48 pour cent de tous les cancers diagnostiqués en 2019.

Le cancer du poumon est le cancer le plus souvent diagnostiqué au Canada; le nombre de cas prévus est estimé à 29 300 en 2019. Il est suivi par le cancer du sein (27 200), le cancer colorectal (26 300) et le cancer de la prostate (22 900). Les taux de mortalité par cancer du poumon chez les hommes sont les plus élevés au Québec et dans les provinces de l’Atlantique.

Le cancer du sein devrait surpasser le cancer colorectal et devenir le deuxième cancer le plus souvent diagnostiqué. Le cancer du pancréas devrait être la troisième cause de décès par cancer au Canada en 2019, supplantant le cancer du sein.

«Le cancer du pancréas est biologiquement assez complexe, a expliqué le docteur Delisle. On le détecte généralement trop tard, il est sournois. Le pancréas est un organe interne profond. Donc le cancer va causer des symptômes quand il est trop tard pour l’enlever.»

Le taux de décès par cancer a diminué de plus de 35 pour cent chez les hommes et de 20 pour cent chez les femmes depuis le sommet atteint en 1988. Les taux de mortalité dus au cancer du sein chez les femmes ont diminué d’environ 48 pour cent depuis le pic de 1986.

Le cancer du poumon

Les Canadiens sont plus susceptibles de mourir du cancer du poumon et des bronches que de tout autre type de cancer. Selon les estimations, un Canadien sur 17 mourra du cancer du poumon.

Le cancer du poumon est la principale cause de décès par cancer chez les deux sexes et représente approximativement 26 pour cent de tous  les décès par cancer au Canada, suivi du cancer colorectal (12 pour cent) et du cancer du pancréas (6 pour cent).

Chez les hommes, le cancer du poumon devrait représenter 25 pour cent de tous les décès par cancer, suivi du cancer colorectal (12 pour cent) et du cancer de la prostate (10 pour cent). Chez les femmes, le cancer du poumon devrait représenter 26 pour cent de tous les décès par cancer, suivi du cancer du sein (13 pour cent) et du cancer colorectal (11 pour cent).

On prévoit qu’environ 82 100 Canadiens mourront du cancer en 2019, et qu’un décès sur quatre sera attribuable au cancer du poumon. Le taux de survie au cancer du poumon est toutefois passé de 13 pour cent à 19 pour cent depuis le début des années 1990.

Le rapport «Statistiques canadiennes sur le cancer 2019» a été élaboré par la Société canadienne du cancer, l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada, en collaboration avec les registres du cancer provinciaux et territoriaux.

Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne