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Les problèmes de démarrage de la SQDC sont choses du passé, dit son président

Les problèmes de démarrage de la SQDC sont choses du passé, dit son président
Photo: Ryan Remiorz/La Presse CanadienneAlain Brunet et Jean-Francois Bergeron

MONTRÉAL — Près d’un an après l’ouverture des premières succursales, les tablettes vides et les ruptures de stock ayant marqué les débuts de la Société québécoise du cannabis (SQDC) ne sont plus qu’un mauvais souvenir, selon son président-directeur général, Jean-François Bergeron, qui croit pouvoir générer un profit de 20 millions $ — l’objectif fixé par le gouvernement Legault — au terme du premier exercice financier complet.

Maintenant ouvert sept jours sur sept, le réseau de la société d’État, qui compte 21 boutiques, devrait environ doubler de taille pour passer à 43 points de vente à la fin mars.

Puisqu’il y aura bientôt un an — le 17 octobre — que la consommation du cannabis à des fins récréatives a été légalisée, M. Bergeron est revenu sur les nombreux défis entourant la mise sur pied de la SQDC, mercredi, à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

En abordant la question de l’approvisionnement déficient qui a provoqué une réduction des heures d’ouverture des boutiques de la SQDC, ce qui avait valu un sketch au «Bye bye», M. Bergeron a décoché une flèche à l’industrie.

«Les producteurs avaient tous spéculé sur des capacités de production supérieures à leur capacité réelle actuelle, a-t-il dit. Ils avaient tout simplement besoin de plus de temps.»

Cela a constitué la «première cicatrice» à la SQDC, a expliqué son grand patron, puisque «tout ce qui était sous notre contrôle fonctionnait comme prévu» et que «tous les défis avaient été relevés avec une efficacité incroyable».

M. Bergeron a surtout voulu mettre l’accent sur l’ampleur de la tâche, soit la mise sur pied, en quelques mois, d’une société visant à contrôler une industrie qui n’existait pas encore, avec un cadre législatif «extrêmement complexe» en attente de la légalisation de la substance.

La SQDC a également dû déboulonner les préjugés entourant l’industrie de la marijuana, d’abord auprès des municipalités, qui étaient plutôt tièdes à l’idée d’accueillir des succursales sur leur territoire, ainsi qu’auprès de certaines institutions financières et assureurs, qui hésitaient à faire affaires avec la société d’État.

«Du refus, à l’inconfort, à l’acceptation et au partenariat, c’est le chemin qu’il a fallu parcourir avec chacun d’eux», a souligné M. Bergeron.

Pas un gouffre

Le premier exercice financier de la SQDC terminé le 31 dernier, qui ne comptait que deux trimestres, s’est soldé par une perte de 4,9 millions $, principalement, a rappelé M. Bergeron, en raison de dépenses de démarrage qui sont non récurrentes.

En tenant compte des revenus fiscaux comme les taxes de vente et les droits d’accise, ce sont 10 millions $ qui ont été versés dans les coffres de l’État québécois.

«Les contribuables ont mis zéro dollar dans l’aventure, a lancé M. Bergeron. On a remboursé entièrement, avec intérêts, la mise de fonds effectuée par la Société des alcools pour la mise en place de la SQDC.»

La société d’État, qui se prépare à l’introduction des produits comestibles à base de cannabis vers la mi-décembre, a engrangé un profit d’environ 1,4 million $ et des ventes de 45,1 millions $ au premier trimestre de l’exercice 2019-2020 terminé le 22 juin.

Des tablettes mieux garnies, un réseau ouvert tous les jours de la semaine ainsi qu’une expansion du réseau de succursales devrait permettre à la SQDC d’atteindre l’objectif d’un bénéfice de 20 millions $, qui se trouve dans le budget du ministre des Finances Éric Girard déposé au printemps.

La 21e succursale de la SQDC a été ouverte lundi à Châteauguay. Au cours de l’été, des baux ont notamment été signés à Saint-Hyacinthe, Alma, Québec, Saint-Jérôme, Saint-Georges, Mont-Tremblant, Rivière-du-Loup et Grande-Rivière.

Au premier trimestre, la société d’État a obtenu un prix de vente moyen, toutes taxes incluses, de 8,25 $ le gramme en succursales et de 8,46 $ en ligne.

Selon Statistique Canada, à l’échelle nationale, le prix moyen de la marijuana légale a reculé de 3,94 pour cent au troisième trimestre, à 10,23 $ le gramme. Il s’agit de sa première baisse de prix depuis la légalisation du cannabis, en octobre dernier.

Toutefois, le prix moyen du cannabis illégal a continué de reculer et est tombé à 5,59 $ le gramme au troisième trimestre, soit une baisse de 5,9 pour cent.

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La SDQC en chiffres:

Plus de 300 employés

Un réseau de 21 succursales

— De ventes des 27 tonnes de cannabis depuis environ un an

— A pris 18 pour cent du marché noir

Julien Arsenault, La Presse canadienne