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10:36 8 décembre 2019

Estephan veut opposer Deontay Wilder ou Tyson Fury à Arslanbek Makhmudov

Estephan veut opposer Deontay Wilder ou Tyson Fury à Arslanbek Makhmudov
Photo: Peter McCabe/La Presse canadienneArslanbek Makhmudov et Samuel Peters

MONTRÉAL — Camille Estephan voit grand pour son poids lourd Arslanbek Makhmudov. Si grand qu’il est prêt à mettre 20 millions $US sur la table pour attirer Deontay Wilder ou Tyson Fury à Montréal.

«Arslanbek a envoyé tout un message. Je vais offrir 20 millions $US au vainqueur de Wilder-Fury pour qu’il vienne l’affronter à Montréal, a lancé très sérieusement le président d’Eye of the Tiger Management. N’importe quand. (…) On est confiant qu’il est capable de les battre.»

L’Américain Deontay Wilder (42-0-1, 41 K.-O.) est le détenteur de la ceinture des poids lourds du World Boxing Council. Le 22 février, il se frottera au Britannique Tyson Fury (29-0-1, 20 K.-O.) au T-Mobile Arena de Las Vegas. Estephan veut que le gagnant affronte ensuite son poulain.

«Si le gagnant de ce combat en février le veut, il y a 20 millions $ à venir chercher. Je vais faire une offre, a-t-il insisté. On remplirait le Centre Bell à pleine capacité. Il le faut: il faudra payer 20 millions! Ce sera un projet avec nos partisans.»

Makhmudov (10-0, 10 K.-O.) s’est de nouveau moqué d’un adversaire, dans ce cas-ci, l’ex-champion du monde Samuel Peter, qui devait lui donner des rounds de boxe de qualité. Une fois que Peter a reçu la première véritable salve de Makhmudov et qu’il a visité le tapis à mi-chemin du premier round, l’aventure lui a semblé beaucoup moins intéressante. À un point tel qu’il a lui-même fait signe à l’arbitre qu’il ne verrait pas objection à ce qu’il mette fin aux hostilités.

«On veut d’autres gros noms, d’autres gars qui veulent dire quelque chose sur la scène internationale, a pour sa part noté Marc Ramsay, son entraîneur, qui avait déjà quitté au moment où son promoteur a avancé les noms de Wilder et Fury. Ç’a coûté une ‘beurrée’ faire venir Peter (samedi), ça va coûter plus cher encore pour faire venir quelqu’un de significatif. Mais on est rendus là avec Arslanbek.

«J’aurais aimé (que Peter nous donne) une couple de rounds de plus. Mais ça va bien pour moi dire cela: je ne suis que l’entraîneur et ce n’est pas moi qui reçois les coups. Dans le ring, c’est autre chose.»

Un «classique instantané»

Estephan est évidemment revenu sur l’attraction principale de cette soirée, l’affrontement entre David Lemieux (41-4, 34 K.-O.) et Maksym Bursak (35-6-2, 16 K.-O.).

À son premier combat chez les super-moyens, Lemieux a donné la frousse à un peu tout le monde en remportant une décision partagée après avoir visité le tapis en deux occasions, dont une fois dès le premier round.

Une fois ce combat digéré, Estephan estimait plutôt qu’il venait d’assister à un grand moment de la boxe.

«Ce combat, c’est un classique instantané, à la Arturo Gatti, a-t-il déclaré. C’est le genre de combat qu’on voit une fois aux 12 ans. Comme promoteur, tu ne veux pas voir ton boxeur aller au tapis. Mais parmi les 5542 amateurs réunis au Centre Bell, il n’y en a pas un qui est parti d’ici en ayant l’impression de ne pas en avoir eu pour son argent. (…) Il n’y a pas beaucoup de boxeurs qui seraient revenus de ce qu’il a vécu ce soir.»

Ramsay a dû trimer dur dans le coin pour recentrer son boxeur après ce premier round.

«De retour dans le coin, je lui ai dit de ne pas paniquer, mais ç’a été extrêmement compliqué. Ç’a été très long. (…) Quand tu te fais frapper de cette façon-là, garder tes sens et ta concentration avec le plan tactique que je lui demandais — qui n’était pas simple — c’était difficile. C’est le pire des cauchemars pour un entraîneur.

«Il a fallu adopter le plan B. Forcer la note plus rapidement qu’on voulait le faire. On voulait quelque chose de beau, de bien, mais on a été pris pour presser plus rapidement.»

«Après 15 mois, Marc et moi savions qu’il ne fallait pas s’attendre à des miracles, a ajouté Eestephan. On voulait voir des rounds avec un gars de 168 livres. Quand il a retrouvé son ‘timing’, il avait le dessus sur un gars qui était visiblement plus gros que lui. Il a été capable de le dominer physiquement. Je pense qu’il est correct pour la division, mais son ‘timing’ n’y était pas. Il était à plat en début de combat, et j’étais vraiment inquiet.»

Bonne soirée pour EOTTM

Outre ce stress dont il se serait bien passé, Estephan était satisfait de sa soirée, au cours de laquelle trois de ses protégés ont remporté des titres mineurs.

«On a vu de vrais tests pour nos boxeurs, que ce soit Lexson Mathieu, Sadriddin Akhmedov, Simon Kean, qui a démontré de très belles aptitudes. (…) Cette soirée nous a permis de légitimiser notre écurie; nous avons certains des meilleurs espoirs au monde.

«Mathieu a tout ce qu’il faut pour devenir une grande vedette. Il est très jeune, mais il affrontait un gars très solide — son premier gros test. Si j’avais voulu écrire un scénario hollywoodien, je n’aurais pas pu faire mieux: il lui passe le K.-O. au dernier round pour gagner sa première ceinture.

«Quant à Akhmedov, il est prêt pour un championnat du monde. (…) Lui, ce sera une vedette de la prochaine décennie, c’est garanti.»

Frédéric Daigle, La Presse canadienne