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15:58 13 janvier 2020 | mise à jour le: 17 janvier 2020 à 00:01

Écrasement d’avion en Iran: le BST incertain de son rôle dans l’enquête

Écrasement d’avion en Iran: le BST incertain de son rôle dans l’enquête
Photo: Adrian Wyld/La Presse CanadienneKathy Fox

OTTAWA — Le Bureau de la sécurité des transports (BST) est encore incertain de l’étendue de son rôle dans l’enquête sur l’écrasement d’avion de la semaine dernière en Iran, mais se dit confiant pour la suite des choses.

De hauts responsables de l’organisation fédérale ont donné plus de détails sur ce qu’elle fera dans l’enquête sur l’écrasement du vol 752 d’Ukrainian International Airlines à Téhéran, en Iran, lors d’une conférence de presse lundi après-midi.

Compte tenu du nombre élevé de victimes canadiennes dans l’accident, le BST a confirmé son rôle d’expert et a été invité à se rendre en Iran. Deux de ses enquêteurs ainsi que des membres de l’équipe consulaire du Canada seront tous arrivés à Téhéran lundi soir et pourront alors se mettre au travail.

Les noms des deux enquêteurs sur place ne sont pas dévoilés pour des raisons de confidentialité et de sécurité, mais le BST assure que ces individus sont «hautement reconnus et respectés» pour leur expertise.

La tragédie de la semaine dernière a fait 176 morts, dont 57 citoyens canadiens. Au total, 138 passagers de l’avion étaient en route vers le Canada. Plusieurs étaient des étudiants ou des professeurs dans des universités canadiennes.

Le président iranien Hassan Rouhani a reconnu samedi qu’un missile iranien avait abattu le vol d’Ukraine International Airlines quelques minutes après son décollage de l’aéroport de Téhéran. L’armée iranienne a déclaré que le Boeing 737-800 avait été confondu avec un missile.

Jusqu’à présent, l’autorité de l’aviation civile iranienne a agi en conformité avec les protocoles internationaux, a souligné Natacha Van Themsche, directrice des enquêtes du BST.

Elle a ajouté qu’il y a des «signes précurseurs» qui laissent croire que l’Iran permettra au BST d’assumer un rôle plus actif que ce qui est normalement permis. 

À titre d’exemple, l’Iran a invité le BST à participer au téléchargement et à l’analyse des enregistreurs des données de vol (aussi appelées «boîtes noires»). L’organisation enverra une deuxième équipe d’enquêteurs spécialisée dans le domaine, une fois qu’elle pourra confirmer où et quand cette étape aura lieu.

Mais ce processus risque d’être long et fastidieux, prévient le BST, qui plaide pour des explications complètes et qui compte se faire entendre quand les réponses fournies ne seront pas satisfaisantes.

«L’expérience nous montre qu’une enquête rigoureuse, axée sur la sécurité, offre les meilleures chances de confirmer ce qui s’est réellement passé et de donner les réponses que tout le monde demande, particulièrement pour les familles qui ont tant perdu dans cet accident», a déclaré Mme Van Themsche.

«Le monde entier mérite de savoir comment et surtout pourquoi cet événement est survenu», a-t-elle ajouté.

Outre la présence des deux enquêteurs du BST, le Canada compte une dizaine de représentants de l’Équipe permanente de déploiement rapide (EPDR) d’Affaires mondiales Canada qui seront chargés d’assister les familles des Canadiens qui ont péri dans la tragédie.

Ces représentants fourniront une assistance consulaire aux familles, notamment pour identifier les victimes, rapatrier les corps et participer à l’enquête.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne


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