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09:00 19 janvier 2020

Cooperstown: voici le bulletin qu’aurait transmis La Presse canadienne

Cooperstown: voici le bulletin qu’aurait transmis La Presse canadienne
Colorado Rockies' Larry Walker, of Maple Ridge, B.C. watches the flight of his two-run home run on a pitch from San Diego Padres starting pitcher Kevin Jarvis in the third inning in Denver's Coors Field on Monday, June 25, 2001. THE CANADIAN PRESS/AP, David Zalubowski

MONTRÉAL — C’est mardi que les 32 joueurs dont les noms sont inscrits sur le bulletin de vote des Chroniqueurs de baseball d’Amérique (BBWAA) en vue de leur admission au Temple de la renommée sauront s’ils ont été retenus par 75 pour cent des quelque 410 journalistes ayant le droit de vote aux États-Unis et au Canada.

Le journaliste de La Presse canadienne Frédéric Daigle est membre de la BBWAA, mais n’a pas encore le droit de vote, octroyé après avoir été membre en règle pendant 10 années d’affilée seulement.

Il offre ici la liste, par ordre alphabétique, de ceux qui auraient obtenu son vote en vue de la cérémonie d’intronisation qui aura lieu en juillet.

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C’est la deuxième année où je me prête à cet exercice et les règles en place — 10 choix au maximum et 10 années d’éligibilité pour accéder à Cooperstown — rendent la chose très difficile. La «bonne nouvelle» dans mon cas a été l’élection en 2019 de Roy Halladay, Edgar Martinez, Mike Mussina et Mariano Rivera.

Comme j’avais voté pour tous ces candidats, je me retrouve théoriquement avec quatre places de plus à attribuer. De tous les joueurs dont les noms apparaissent pour la première fois sur ce bulletin, seul l’arrêt-court des Yankees de New York Derek Jeter était assuré d’obtenir mon vote au début de ce processus, ce qui me laissait donc trois places «nettes» à attribuer après les retours de Bonds, Clemens, Rolen, Schilling, Sheffield et Walker sur mon bulletin.

Les trois dernières places n’ont pas été faciles à attribuer. Elles sont finalement allées à Helton, Pettitte et Vizquel.

Un mot maintenant sur les règles que je me suis imposées pour ce processus. Je compte attribuer mes 10 votes chaque année, à moins de très faibles bulletins, ce qui ne s’est pas vu au cours des dernières élections. Quant aux joueurs provenant de l’ère des stéroïdes, j’ai déjà établi que je laissais au Temple de la renommée le soin d’expliquer à ses visiteurs ce qui s’est passé dans le Baseball majeur au cours de cette époque.

À moins que les règles ne changent, il me reste huit ans à patienter avant que mon vote compte. En attendant, voici à quoi aurait ressemblé mon bulletin pour 2020:

Barry Bonds (8e année d’éligibilité; 59,1 pour cent en 2019)

Bien que jamais sanctionné, tous s’entendent pour dire qu’il a été partie prenante de l’ère des stéroïdes. Sans cette réputation entachée, Bonds aurait été admis il y a huit ans. Il est le recordman des coups de circuit, des buts sur balles et des buts sur balles intentionnels. Dans toute l’histoire du baseball, seuls Babe Ruth (182,5), Cy Young (168,0) et Walter Johnson (165,2) ont un meilleur WAR* que le sien (162,8). Même en coupant la carrière de Bonds vers la ligne floue marquant le début de l’ère des stéroïdes, Bonds mériterait d’être au Temple: avant 1998, il avait été nommé trois fois joueur par excellence et avait terminé quatre autres fois dans le top-5 du scrutin.

En tout, ce sont sept titres de joueur par excellence de la Nationale qu’a remportés Bonds, en plus de terminer cinq autres fois dans le top-5. Il a aussi participé au match des étoiles 14 fois au cours de sa carrière de 22 saisons.

Roger Clemens (8e; 59,5)

Le raisonnement pour Clemens est un peu le même que dans le cas de Bonds. Il est le recordman de tous les temps avec sept trophées Cy Young, trois avant l’ère des stéroïdes, jumelés à deux top-5 et trois top-6, si on veut diviser sa carrière comme nous l’avons fait pour Bonds.

Il est l’un des six lanceurs à avoir gagné le Cy Young dans les deux ligues, en plus d’avoir été nommé joueur par excellence de l’Américaine en 1986. Ses 354 victoires lui confèrent le neuvième rang de l’histoire; ses 46 jeux blancs viennent au 26e rang. Seuls Nolan Ryan et Randy Johnson ont passé plus de frappeurs dans la mitaine que Clemens, qui a réussi l’exploit 4672 fois en carrière.

Todd Helton (2e; 16,5)

Comme Walker, la candidature de Helton est entachée par ses 17 saisons passées au Colorado. C’était peut-être vrai avant qu’on analyse plus à fond les statistiques avancées.

Ses WAR, WAR7 et JAWS sont respectivement meilleurs que neuf, 13 et 11 premiers-buts déjà admis à Cooperstown, tandis que son OPS+ (qui ajuste les statistiques offensives selon les stades) de 133 le placerait au 14e rang parmi les premiers-buts au Temple de la renommée.

Ses statistiques «traditionnelles» sont aussi loin d’être banales: 2516 coups sûrs, dont 592 doubles et 369 circuits pour des moyennes de ,316/,414/,539. Il a terminé trois fois dans le top-5 au scrutin du joueur par excellence, a participé à cinq matchs des étoiles, gagné un championnat des frappeurs, trois Gants d’or et quatre Bâtons d’argent.

Derek Jeter (1re)

Impossible de passer à côté de Jeter. Ses 3465 coups sûrs le placent au sixième rang de tous les temps, tandis que son WAR de 72,4 lui donne la 12e place parmi les arrêt-courts. En 20 saisons avec les Yankees, il a participé à 14 matchs des étoiles. La recrue par excellence de l’Américaine en 1996 a de plus gagné cinq Séries mondiales en sept participations.

Jeter a remporté cinq Gants d’or et autant de Bâtons d’argent, en plus d’avoir terminé trois fois dans le top-5 du scrutin au joueur par excellence de l’Américaine et huit fois dans le top-10. Il a également remporté un titre de joueur par excellence de la Série mondiale et un autre du match des étoiles.

Andy Pettitte (2e; 9,9)

Ses 256 victoires le placent au 11e rang de tous les temps chez les lanceurs gauchers. Sept des 10 qui le devancent au classement sont au Temple de la renommée. Ses 2448 retraits sur des prises lui confèrent le 15e rang de l’histoire chez les gauchers; quatre des 14 qui le devancent sont à Cooperstown.

Pettitte a gagné quatre Séries mondiales et affiche un dossier de 19-11 en matchs éliminatoires; il a terminé quatre fois parmi le top-5 pour le Cy Young et une fois sixième. C’est quand on regarde ses statistiques avancées que sa candidature perd toutefois un peu de son lustre: ses chiffres sont en deçà de la moyenne des 65 partants détenant une plaque à Cooperstown.

Scott Rolen (3e; 17,2)

À première vue, ses statistiques (,281/,364/,490, 2077 coups sûrs, dont 517 doubles et 316 circuits, 1287 points produits et 1211 points marqués) semblent le laisser juste à court du Temple. Mais ses statistiques avancées lui ouvrent toutes grandes les portes.

Son WAR, son WAR7 et son JAWS sont tous supérieurs à la moyenne des 15 troisièmes-buts (Baseball-reference.com place Edgar Martinez à cette position) déjà admis. Il vient au 10e rang de tous les temps pour le WAR et le JAWS, 14e pour le WAR7. 

Recrue de l’année en 1997, Rolen a gagné huit Gants d’Or et participé à sept matchs des étoiles.

Curt Schilling (8e; 60,9)

Schilling est un autre joueur qui ne fait pas l’unanimité, mais en raison de ses positions politiques et de sa personnalité. Sa fiche de 216-146 n’est pas parmi les meilleures, mais il affiche le meilleur ratio RAB/BB du club des 3000 retraits sur des prises.

Ses statistiques avancées le placent au 27e rang de tous les temps parmi les partants. De tous ceux qui sont devant lui, seuls Jim McCormick, dont la carrière a pris fin en 1887, et Clemens ne sont pas à Cooperstown. Sa MPM+ (la moyenne ajustée en rapport de la moyenne de la ligue et des stades) de 127 est supérieure à plusieurs des 65 partants déjà admis au Temple, comme le sont son WAR (79,5) et son JAWS (64,1).

Schilling a gagné trois Séries mondiales et son taux de victoire de ,846 (11-2) en matchs éliminatoires est le meilleur parmi les lanceurs comptant 10 décisions ou plus.

Gary Sheffield (6e; 13,6)

Malgré ses 2689 coups sûrs, ses 509 circuits et ses moyennes de ,292/,393/,514, Sheffield n’a pas la cote auprès des électeurs. Pourtant, il a terminé cinq fois dans le top-5 au scrutin du joueur par excellence, gagné cinq Bâtons d’argent et choisi neuf fois au sein de l’équipe d’étoiles en 22 ans, en plus de gagner une Série mondiale avec les Marlins de la Floride, en 1997.

Sheffield a plus de coups sûrs, de circuits, et de points produits que plusieurs voltigeurs de droite déjà admis à Cooperstown, en plus de montrer des statistiques offensives semblables à celles de Larry Walker.

S’il n’a pas gagné de Gant d’or en carrière, Sheffield affiche tout de même un taux d’efficacité défensif de ,977 en carrière et de ,981 au champ droit. Mais à sa sixième année sur les bulletins de vote, on dirait qu’il va manquer de temps.

Omar Vizquel (3e; 42,8)

Vizquel a été si dominant à l’arrêt-court que des équipes du Baseball majeur étaient prêtes à le faire jouer 24 saisons à cette position, dont six à l’âge de 40 ans ou plus!

Défensivement, il a été parmi l’élite de son sport tout au long de sa carrière: il a mis la main sur 11 Gants d’or, dont son dernier à l’âge de 39 ans. En 24 saisons, il n’a commis que 190 erreurs sur 12 508 jeux, pour un taux remarquable de ,985.

Au bâton, il n’était pas reconnu pour être un des plus redoutables de la formation. Ça ne l’a pas empêché d’engranger 2877 coups sûrs en carrière, pour une moyenne de 157 par saison. Sans être spectaculaires, ses moyennes de ,272/,336/,352 sont loin d’être gênantes.

Larry Walker (10e; 54,6)

C’est la dernière chance de Walker, bien qu’il soit l’un des meilleurs voltigeurs de droite de l’histoire du baseball, autant au bâton qu’en défense: trois championnats des frappeurs, trois Bâtons d’argent, sept Gants d’or et un titre de joueur par excellence, en plus de terminer une autre fois dans le top-5 et trois autres fois dans le top-10.

Coors Field ou pas, ses moyennes de ,313/,400/,565 sont remarquables. Entre 1997 et 2001, il a maintenu des moyennes au bâton supérieures à ,350 quatre fois. Ses statistiques avancées le placent au 10e rang parmi tous les voltigeurs de droite de l’histoire. Les neuf premiers sont au Temple, comme les nos 11, 12 et 14. Le 13e est ‘Shoeless’ Joe Jackson, banni à vie du baseball.

Les exclus (année d’éligibilité):

Bobby Abreu (1re), Josh Beckett (1re), Heath Bell (1re), Eric Chavez (1re), Adam Dunn (1re), Chone Figgins (1re), Rafael Furcal (1re), Jason Giambi (1re), Raul Ibanez (1re), Andruw Jones (3e), Jeff Kent (7e), Paul Konerko (1re), Cliff Lee (1re), Carlos Pena (1re), Brad Penny (1re), J.J. Putz (1re), Manny Ramirez (4e), Brian Roberts (1re), Alfonso Soriano (1re), Sammy Sosa (8e), Jose Valverde (1re) et Billy Wagner (5e).

*WAR: Wins Above Replacement. Victoires procurées par un joueur par rapport à un joueur moyen qui donnerait zéro. WAR7: total des sept meilleures saisons WAR d’un joueur, pas nécessairement consécutives. JAWS: Moyenne du WAR et WAR7.

**Les statistiques proviennent toutes de Baseball-reference.com

Frédéric Daigle, La Presse canadienne