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16:53 2 avril 2020 | mise à jour le: 6 avril 2020 à 00:02

COVID-19: Legault sort le bâton contre ceux qui se moquent des consignes

COVID-19: Legault sort le bâton contre ceux qui se moquent des consignes
Photo: La Presse canadienne

QUÉBEC — La récréation est terminée pour les délinquants qui se moquent des consignes gouvernementales de distanciation sociale et d’interdiction de se rassembler.

Ils s’exposent désormais à des amendes allant de 1000 $ à 6000 $, a décrété jeudi le premier ministre François Legault, excédé de constater que certains ignorent les directives, alors que le nombre de personnes contaminées par le virus de la COVID-19 atteint des records au Québec.

Et si les récalcitrants ne veulent pas entendre raison, toute la population pourrait devoir en payer le prix, en se voyant forcée à un confinement total, donc sans possibilité de sortir de chez soi.

La sortie du premier ministre survient au moment où on ignore si le personnel du réseau de la santé disposera du matériel de protection requis en quantité suffisante pour soigner tous les malades, dans les jours qui viennent.

Le virus étant extrêmement contagieux, les rassemblements dans les parcs ou ailleurs ne font qu’accroître le risque de transmission, donc aussi celui de se retrouver à l’hôpital.

Durant sa conférence de presse quotidienne sur l’état de la situation au Québec, jeudi, le premier ministre a donc lancé un message sans équivoque aux policiers, pour leur dire de ne pas se gêner de distribuer des contraventions aux insouciants.

Une amende salée, «c’est tout ce que méritent les gens qui ne respectent pas les consignes», a lancé M. Legault.

«Je ne peux pas accepter qu’une grande majorité fasse des efforts et que ces efforts-là soient anéantis parce que quelques personnes ne prennent pas ça au sérieux, a-t-il dit. C’est sérieux. Il y a des vies qui sont en danger.»

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, s’est fait encore plus menaçant, en affirmant que le gouvernement pourrait forcer toute la population du Québec à un confinement total, prohibant toute sortie, comme on voit en France notamment, si les délinquants continuent à faire comme si de rien n’était.

«On va faire comme dans d’autres pays: vous sortez pus, pantoute!», a-t-il commenté, en ajoutant qu’on n’était pas encore rendu là.

Le Québec a connu sa plus forte hausse du nombre de cas confirmés depuis le début de la pandémie, jeudi midi, avec un ajout de 907 nouveaux cas pour un total de 5518 personnes infectées.

Le nombre d’hospitalisations grimpe aussi chaque jour pour un total de 365, alors qu’on déplore 36 décès à ce jour.

Pénurie criante d’équipement

Avec l’observation déficiente des consignes, l’autre gros dossier qui retient l’attention des autorités est celui de l’approvisionnement en équipement médical, tout aussi déficient.

Comme on le fait un peu partout dans le monde, le Québec participe à la course contre la montre pour garnir à très court terme les hôpitaux de millions d’exemplaires des divers produits manquants: masques de procédure, masques N95, gants et blouses.

Le temps commence à manquer car certains hôpitaux pourraient être à découvert dans moins d’une semaine.

«Ça joue dur», un peu partout dans le monde, pour se procurer de l’équipement, a reconnu le premier ministre, surtout en ce qui a trait aux masques, accessoires de travail jugés indispensables pour protéger le personnel contre le virus.

Le réseau de la santé du Québec utilise des centaines de milliers de masques chaque jour.

Signe que la situation est grave et urgente, c’est le premier ministre en personne qui gère désormais les démarches d’approvisionnement en masques.

«Je suis ça personnellement», a-t-il révélé, ajoutant que le gouvernement faisait tout ce qui était possible pour trouver rapidement des millions de masques.

Le gouvernement est même prêt à contourner toutes les règles, quitte à acquérir les précieuses caisses de masques en argent comptant. 

«S’il faut payer comptant, on paye comptant», a dit M. Legault, en constatant que la forte demande avait fait grimper les prix.

«On joue le jeu», a-t-il ajouté, se disant prêt à payer le prix qu’il fallait pour se procurer la marchandise convoitée.

Il n’a cependant pas mentionné le montant de la facture.

Pour ce qui est des respirateurs, appareils essentiels pour sauver la vie des malades qui n’arrivent plus à respirer par eux-mêmes, il semble que le Québec en ait en nombre suffisant.

Même si le pire scénario se produit en termes d’explosion soudaine et marquée du nombre de malades, le réseau n’en manquera pas, a promis le premier ministre.

Si c’est le cas, contrairement à ce qu’on a vu ailleurs dans le monde, les médecins québécois n’en seraient donc pas réduits à devoir choisir entre deux patients, en cas de pénurie.

«Il n’est pas question de commencer à choisir des personnes à qui on donnera un respirateur et d’autres personnes à qui on n’en donnera pas, a-t-il assuré. Il va y en avoir pour tout le monde.»

Jocleyne Richer, La Presse canadienne

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