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La Libye au bord du chaos?

Le Congrès général national (CGN), le parlement libyen, a adopté un projet de loi controversé sur l’exclusion politique en Libye, dans un climat hostile et sous la pression des milices. Le pays risque-t-il le chaos?

Cette loi prévoit la formation d’une commission qui se chargera d’écarter de la vie politique les personnalités ayant occupé des postes de responsabilité sous l’ancien régime de Mouammar Kadhafi de 1969 à 2011.

On pourrait croire que le peuple libyen est sur la voie de la rédemption. Ce n’est pas le cas. Je suis assidûment dans les médias libyens le débat politique avant l’adoption de cette loi, une atmosphère de chasse aux sorcières altère le débat.

L’exclusion politique en Libye n’écartera pas que des complices de Mouammar Kadhafi qui ont du sang sur les mains comme ses officiers de la sécurité intérieure. Cette loi vise aussi les anciens ministres, ambassadeurs, directeurs de médias, dirigeants de syndicats d’étudiants ou doyens de facultés.

Comme l’a rapporté l’AFP sous la plume de Imed Lamloum, cette loi exclura le président du parlement libyen Mohamed al-Megaryef, qui avait été ambassadeur en Inde sous le régime de Mouammar Kadhafi durant les années 1980. Il écartera également quatre ministres de l’actuel gouvernement d’Ali Zeidan et une quinzaine de députés, dont le vice-président du CGN, Jomaa Atiga.

Mahmoud Jibril qui était président du Conseil économique et social du temps de Kadhafi, sera touché par la nouvelle loi. Pourtant, il s’est joint très tôt à la rébellion. Il a aussi joué un rôle très important comme président du Conseil exécutif du Conseil national de transition (CNT), l’autorité politique de transition mise en place par la rébellion libyenne contre le régime de Mouammar Kadhafi. Ce chef de l’Alliance des forces nationales (AFN, libérale) qui a remporté les législatives de juillet 2012, a affirmé dans une interview accordée à Al Arabya (voir ici) que cette loi vise un demi-million de citoyens libyens.

Cette situation rappelle celle de l’Irak en 2003 (voir ici). Dès son entrée en poste, Paul Bremer, le monarque américain choisi par l’administration Bush pour gérer l’après-invasion, a éradiqué de la vie politique les personnalités ayant occupé des postes de responsabilité sous le régime de Saddam. Il a ainsi mis au chômage presque un demi-million d’Irakiens qui ont alimenté l’insurrection et plongé le pays dans le chaos.

Un climat de vengeance règne en Libye. Une organisation aussi crédible que Human Right Watch a lancé un appel pour mettre un terme aux crimes de vengeance contre des rebelles n’ont pas encore déposé leurs armes. (voir ici) Depuis plusieurs semaines, ces milices hors contrôle de l’État ont imposé un siège aux ministères des Affaires étrangères et de la Justice pour réclamer l’adoption de la loi de l’exclusion politique.

La Libye risque l’implosion parce que ses institutions sécuritaires et son armée tardent à imposer la loi et l’ordre. La situation sécuritaire du pays est défaillante et ses frontières sont des passoires pour les groupes militarisés qui y circulent librement.

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