Uncategorized

Nos télés qui nous boudent

Sur une autre planète, avec une seule chaîne de télé publique, on avait droit au sport dans toute sa diversité. Ici, avec une multitude de chaînes câblées, on nous gave de trois sports et des miettes. Pour le reste, circulez sur le Net.

La télévision publique m’a initié très jeune à des sports que je n’aurais jamais connus sinon, comme le rugby grâce au Tournoi des Cinq Nations avant de passer à six; le Tennis via deux tournois mythiques du Grand Chelem, Roland-Garros et Wimbledon, et j’en passe.

L’été, la saison des grandes réunions d’athlétisme se mettait en branle. Une source de souvenirs inouïs. Que dire de l’épreuve reine du demi-fond, le 1 500 m. Au début des années 1980, les duels entre le Marocain Saïd Aouita et les Britanniques Sebastian Coe et Steve Cram sont passés à l’histoire. À la réunion de Nice en 1985, pour la première fois de l’histoire, Cram et Aouïta sont passés tous les deux sous la barre des trois minutes trente secondes. Battu par un cheveu, le Marocain a repris le record du monde quelques jours après.

Et que dire de Sergueï Bubka à la perche? Premier athlète à franchir la barre des 6 m, en 1985, il a battu 35 records du monde de la discipline. De 1984 à 1994, «l’Ukrainien volant» nous a fait rêver un centimètre à la fois.

Jusqu’à mon départ de mon pays d’origine, l’été, je ne ratais pas une seule réunion d’athlétisme : Berlin, Oslo, Rome, Zurich, Bruxelles, Paris, etc. Depuis 11 ans, comme plusieurs, je suis orphelin de ces réunions d’athlétisme ainsi que d’autres sports. Certes, avec l’internet, on se rabat sur les diffusions de piètre qualité en streaming. J’ai même suivi des épreuves commentées en russe!

Même si TVA Sports a fait récemment un effort pour diffuser les matchs de la NBA et la Coupe des Confédérations de soccer, nos télés boudent des compétitions prisées comme la Liga, la Copa America, la Copa Libertadores, la Coupe d’Afrique des Nations de soccer et la Golden League d’athlétisme.

Dans la vie, il n’y a pas que le hockey – que j’adore par ailleurs –, le baseball ou le foot américain. Un public de plus en plus important migre vers des télés satellitaires ou l’internet pour assouvir sa soif de sports qui excitent toute la planète sauf ici.

Il viendra un jour où nos télés seront obligées d’annoncer leurs programmes sur Al-Jazeera ou TV Globo Internacional pour espérer attirer leur public local.

Le sport est un vecteur d’intégration très important. Peut-on l’offrir en français, s’il vous plaît?

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version