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Les vrais commanditaires d’Al-Qaïda et ses avatars


L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) fait les manchettes de la presse mondiale depuis plusieurs jours, mais on semble oublier l’origine de cette flambée de violence djihadiste dans la région.

Les vrais commanditaires d’Al-Qaïda et ses avatars sont les Américains. Si l’administration Reagan est responsable de sa naissance, George W. Bush l’a alimenté!

Dans les années 1980, pour combattre l’ennemi soviétique en Afghanistan, les Américains ont eu recours à leurs fidèles «amis» dans la région, les Saoudiens. Avec cette alliance stratégique, les wahhabites ont téléguidé la montée en flèche de Ben Laden.

Quelques années plus tard, Al-Qaïda est née. Elle s’est vite affranchie de son parrain américain. Et pour cause, elle a trouvé un champ de bataille fertile à son expansion dans la décennie noire en Algérie, la guerre de Bosnie et celle de la Tchétchénie. Elle a atteint son apogée le 11 septembre 2001.

Après cette folie meurtrière sur le territoire américain, Al-Qaïda était aux abois. Ses jours étaient comptés. Mais Georges W. Bush en a décidé autrement. Il a envahi l’Irak pour assouvir, entre autres, une vengeance personnelle, l’humiliation de son père face à Saddam Hussein lors de la première guerre du Golfe.

Dans Comment créer une branche d’Al-Qaïda dans un pays arabe, j’ai résumé le guide 101 pour créer une branche d’Al-Qaïda dans un pays arabe. Visionnez Tonnerre roulant sur Bagdad et vous allez le voir! Ce film écrit et réalisé par Jean-Pierre Krief pour le compte de la chaîne franco-allemande ARTE est un document historique capital.

Avec des milliers de morts civils lors des sept premiers mois de l’invasion de l’Irak, les Américains ont fait une entrée fracassante qui a accru le sentiment de frustration des populations. Puis est arrivé Paul Bremer, le monarque américain choisi par l’administration Bush pour gérer l’après-invasion. Dès son entrée en poste, il a pris trois décisions qui sont devenues une fabrique à insurgés de plus en plus radicaux.

Bremer a lancé l’éradication du parti Baas, a dissou purement et simplement l’armée irakienne et a libéralisé l’économie jusque-là étatisée. D’un trait de stylo, Paul Bremer a mis au chômage quelque 50 000 baasistes, 400 000 soldats et des centaines de milliers de fonctionnaires et de travailleurs.

Avec le chômage de masse et les morts civiles par milliers dans un climat d’humiliation, d’arbitraire et de chaos, les Américains sont passés de libérateurs à occupants. Les Irakiens ont été poussés vers l’insurrection. En embuscade, Al-Qaïda n’attendait que ce faux pas pour sévir.

Une décennie après, l’Irak est devenu le champ d’une bataille féroce opposant les chiites et les sunnites. Cet autre terrain fertile a procréé l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Certes, et il ne faut jamais le nier non plus, certains fanatiques préconisent un islam violent, sectaire et obscurantiste, mais ils ne représentent qu’une infime minorité. La majorité des musulmans aspirent à la paix.

Sinon, comment expliquer l’apparition d’Al-Qaïda qu’au début des années 1990, alors que l’islam est là depuis plus de 14 siècles? Comment expliquer que les musulmans n’ont pas usé de cette violence aveugle alors qu’ils étaient occupés pendant plus d’un siècle par ces mêmes «mécréants»?

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