Durban, 4 h 17 dans la nuit de samedi à dimanche. Je suis en vacances, du moins, en théorie. La rencontre de l’ONU à laquelle je participe depuis deux semaines devait prendre fin vendredi vers 17 h.
Mais voilà, les pays n’ont pas encore résolu plusieurs des différends qui les séparent. Avant de vous parler de la conclusion de cette conférence, j’aimerais attirer votre attention sur certains temps forts des derniers jours.
Dans un geste audacieux de dernière heure, une alliance historique s’est créée au sommet de l’ONU sur le climat à Durban. L’Union européenne, l’Alliance des pays insulaires (AOSIS) et les pays les moins développés (en tout plus de 120 pays) ont déposé sur la table un plan qui propose de sauver le protocole de Kyoto et de remettre en marche le processus de lutte à la dégradation du climat.
Ce texte proposait entre autres des cibles contraignantes en termes de réductions d’émissions de GES pour les pays membres de la deuxième phase de Kyoto, dont l’Union européenne, l’Australie et les pays scandinaves. Hélas, quelques pays ont décidé de quitter le navire, dont le Japon, la Russie et… le Canada! Vous êtes surpris? Pourtant, le gouvernement Harper en avait la très ferme intention depuis son arrivée au pouvoir.
Cela dit, des progrès ont été faits sur le Fonds vert pour le climat, sur la question de l’adaptation aux changements climatiques et sur le transfert de technologies du Nord vers le Sud.
Toutefois, les pays présents à Durban n’ont pas réussi à s’entendre sur certains éléments très importants, comme la mise en place de négociations rapides en vue d’un nouvel accord légalement contraignant qui engloberait l’ensemble des grands pollueurs de la planète, dont les États-Unis, mais aussi la Chine, l’Inde et le Brésil.
Cette nouvelle entente doit tenir compte de la responsabilité historique des différents pays. Par exemple, depuis les années 1950, chaque Canadien a émis 27 fois plus de GES que chaque Indien. Contrairement à ce que voudrait nous laisser croire le ministre de l’Environnement Peter Kent, on ne peut faire table rase de cette réalité.
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