En août 2006, quelques jours après l’élection de mon amie Elizabeth May à la tête du Parti vert du Canada, je vous avais dit que je pensais qu’elle était la meilleure chose qui pouvait arriver aux Verts canadiens… et l’élection de mardi dernier n’a fait que confirmer cette évaluation.
Entre l’élection de 2008 et celle de 2006, le Parti vert du Canada a presque doublé ses appuis; il a pu participer, pour la première fois, au débat des chefs; et il a acquis une notoriété inégalée depuis sa fondation.
Ces percées importantes sont dues à plusieurs facteurs, dont la prise de conscience des problèmes écologiques auxquels nous faisons face, le fait que l’environnement est été l’un des enjeux de la dernière campagne électorale et un élément important de la plateforme de quatre des cinq formations politiques en lice, etc. Tout cela étant dit, je suis de ceux qui pensent que les percées dont je parlais plus tôt sont également en grande partie le résultat des grandes qualités et de la performance d’Elizabeth May, la chef du Parti vert, lors de la dernière campagne.
Elle a su mobiliser l’opinion publique et même des militants d’autres partis politiques afin de forcer le NPD et les conservateurs à revenir sur leur opposition à ce qu’elle puisse participer aux débats des chefs… Et quelle performance elle nous a offerte dans ces débats! Évidemment, son français étant un peu laborieux, c’est vraiment dans le débat en anglais que les Canadiens ont pu découvrir qu’elle est à la fois une grande oratrice et une debater redoutable, parlez-en à Stephen Harper.
Imaginez un peu ma surprise lorsque j’ai appris, la semaine dernière, que des militants du Parti vert avaient créé un site internet pour demander le départ d’Elizabeth!
Bien sûr, les verts n’ont fait élire aucun député, et je suis d’accord avec ceux qui croient qu’Elizabeth aurait pu choisir une circonscription plus sûre, mais de là à demander son départ? Je doute que les autres partis politiques remettraient en question le leadership de leur chef s’ils avaient réussi à augmenter leurs appuis de plus de 40 %.
– Steven Guilbeault