Vous avez peut-être entendu parler du projet de la compagnie canadienne Enbridge, qui aimerait envoyer vers les raffineries de l’est de Montréal 200 000 barils par jour de pétrole issu des sables bitumineux.
La compagnie Enbridge, probablement dans un souci de transparence et d’ouverture, a décidé d’organiser une soirée «portes ouvertes» sur ce projet la semaine dernière dans un petit restaurant de Lachenaie… mais pas à Montréal!
Pour ces «portes ouvertes», je n’ai réussi à trouver aucune information sur le site de la compagnie. Idem dans les journaux. Je n’ai réussi à obtenir l’information que grâce à la détermination d’une personne qui a appelé à plusieurs reprises au siège social de la compagnie, à Calgary. Pourtant, ce projet ne sera pas sans conséquence pour la population et l’environnement de la grande région montréalaise.
Le pétrole tiré des sables bitumineux est l’un des plus polluants de la planète. Imaginez un peu : ce seul secteur industriel est responsable de 40 % de l’augmentation de toutes les émissions de gaz à effet de serre du Canada depuis 1990! Un baril de pétrole de source conventionnelle émet environ 28 kg de CO2 par baril, contre 85 kg/CO2 pour celui issu des sables bitumineux. C’est trois fois plus!
En 2003, l’Alberta a émis plus d’un milliard de kilogrammes de différents polluants dans l’air, ce qui place cette province au premier rang des pollueurs industriels au pays. Tout cela sans compter l’utilisation de l’eau potable. On estime qu’il faut de deux à cinq barils d’eau pour chaque baril de pétrole. Il se produit présentement un million de barils par jour dans les sables bitumineux. Faites le calcul.
Devant un tel désastre écologique, on serait en droit d’espérer une certaine réaction du gouvernement fédéral… Et pourtant, il n’y a aujourd’hui aucune loi ou règlement qui encadre les émissions de GES des sables bitumineux. M. Harper a promis la semaine dernière qu’il imposerait des amendes très lourdes aux pollueurs. Encore faudrait-il avoir des lois à faire respecter.