Le premier ministre canadien, le conservateur Stephen Harper, a officiellement décliné la semaine dernière l’invitation qui lui avait été lancée de participer à un débat sur les grands enjeux environnementaux auxquels le pays est confronté. Ce débat public devait se tenir en français et regrouper tous les chefs de parti. À la suite du refus de M. Harper, le projet est tout simplement tombé à l’eau!
Cette décision est difficile à comprendre puisque, selon une firme spécialisée, les enjeux environnementaux occupent le premier rang de toute la couverture médiatique au cours de cette campagne électorale, soit 25 %. C’est un record historique.
D’autant plus difficile à comprendre qu’un sondage est sans équivoque sur la question : 70,5 % des Québécois affirment être d’accord ou plutôt d’accord avec la tenue d’un débat des chefs sur les questions environnementales. Plus encore, une bonne proportion de ceux qui veulent en savoir plus à ce sujet sont des citoyens et citoyennes qui s’apprêtent à voter pour les conservateurs!
À la lumière de tous ces faits, il semble de plus en plus clair que la stratégie de M. Harper consiste à «balayer la poussière sous le tapis». À éviter de parler de ce qui pourrait lui nuire au cours de cette campagne, quitte à garder les électeurs dans l’ignorance!
Vous serez sans doute tenté de penser que, comme on dit, «c’est de bonne guerre» et que n’importe qui ayant le moindrement de sens pratique ferait la même chose. On ne va quand même pas se laisser manger tout rond en donnant à son opposant les moyens de le faire!
Mais ça, c’est le vieux jeu de la politique ou si vous voulez, la politique vieux jeu. À ce jeu, M. Harper risque gros, lui qui semble ignorer que nous vivons à l’époque où l’information est omniprésente.
Les artistes québécois se sont chargés de le lui rappeler avec un clip paru sur YouTube. Ce clip, hilarant, dénonce les coupures dans la culture. Il a été visionné par plus de 200 000 internautes en l’espace de 72 heures.