On dit souvent que la meilleure école est celle de la vie. Eh bien, cette semaine de campagne électorale semble bien confirmer la règle. La «vie», en effet, a remis à leur place ceux qui, parmi les chefs politiques, ne voulaient pas que la chef du Parti vert du Canada, madame Elizabeth May, participe au débat des chefs. Il faut avoir un certain culot pour nier le droit d’Elizabeth May à contribuer à ce débat alors même que l’environnement figure en tête de liste des préoccupations des Canadiens et Canadiennes.
Les protestations contre cette mise à l’écart n’ont pas tardé à se manifester et, finalement, le droit des citoyens à être informés adéquatement a fait un pas en avant.
On a vu, cette semaine, le premier ministre Harper aux côtés d’un poupon dans une maison familiale de Colombie-Britannique. Sans doute que cette mise en scène avait été élaborée pour faire passer Stephen Harper pour un bon chef de famille, quelqu’un qui aura la sagesse de prendre les bonnes décisions pour «sa grande famille» qu’est la population canadienne. Mais, franchement, que penserait-on d’un chef de famille qui laisserait sa maison se détériorer au point où celle-ci deviendrait rapidement, disons, insalubre? On en penserait sans doute que c’est un père de famille qui ne sait pas allier les gestes à la parole.
Si on y réfléchit, c’est un peu ce que fait M. Harper avec l’environnement. Avec son parti pris évident en faveur des pétrolières de l’ouest et son absence manifeste de volonté de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, il ne fait rien d’autre que laisser sa maison se détériorer jusqu’à devenir insalubre.
Trop fort? Pas si l’on considère que le mot écologie vient du grec «oikos», qui veut dire maison, notre maison. Et que écologie signifie, dans les faits, la science, la connaissance de la maison. Le terme économie, quant à lui, veut dire administration de la maison. Ike, Katrina, les inondations, les canicules sont autant de signes que notre maison est mal en point. Peut-être serait-il temps pour M. Harper d’agir en bon père de famille pour notre maison, pas juste pour la sienne et celles de ses amis.