Après la «Libanaise» Maria Mourani et la «Marocaine» Fatima Houda-Pepin, voici la «Tunisienne» Sana Hassainia, la dernière recrue du club sélect des femmes qui osent défier leur chef politique au Québec!
Paradoxalement, quand on parle des femmes issues du vaste monde arabo-musulman*, on les décrit souvent comme conditionnées à être soumises au mâle! Or, depuis un an, la vie politique québécoise nous a révélé le contraire. Des Québécoises issues de cette région du monde nous ont montré qu’elles sont insoumises, fières et prêtes à assumer leurs choix, coûte que coûte.
Ces politiciennes sont incontestablement de véritables empêcheuses de tourner en rond dans leurs partis politiques respectifs. Maria a sonné le glas du Bloc québécois, Fatima a forcé le chef du PLQ à modifier sa position sur les signes religieux et Sana a dit non à son patron du NPD, notamment au sujet de sa position floue vis-à-vis du conflit israélo-palestinien.
Et c’est parce que ces élues ne se laissent pas marcher sur les pieds par leurs collègues, elles sont étiquetées femmes fortes. Autrement dit, des emmerdeuses!
Comme mesdames Mourani et Houda-Pépin chassées de leurs caucus, Sana Hassainia affirme dans son blogue avoir payé le prix en étant démise de ses fonctions au sein du comité de la Condition féminine et reléguée dans les sièges du fond à la Chambre des Communes. Quel paradoxe!
La députée d’origine tunisienne s’indigne, car elle a quitté sa terre natale justement «pour ne plus avoir à subir cette primauté de la pensée unique, cette omerta dès qu’on aborde certains sujets, cette façon de favoriser certains en faisant deux poids, deux mesures, cette façon de nous faire taire en nous infantilisant lorsque nous ne sommes pas d’accord et cette obligation de suivre une ligne de parti qui ne représente pas forcément nos valeurs». Et elle a raison de ne pas avoir envie de revivre ça au Canada, pays des libertés et des valeurs.
Eh oui, ironiquement, au Québec, les seules femmes qui ont tenu tête à leur chef et à leur caucus sont des femmes issues du monde arabo-musulman…
*Il faut le préciser encore une fois ici, par convention, j’utilise la définition monde arabo-musulman. En effet, dans cette partie du monde, côté ethnique, il n’y a pas que des Arabes, il y a aussi les Berbères, population autochtone du Maghreb, ainsi que les Kurdes et les Arméniens au Machrek. Côté foi, en plus des croyants des trois religions monothéistes et leurs multiples ramifications et branches, il y a aussi les adeptes d’autres croyances, des non-pratiquants et des athées.
