En 2005, les Québécois ont dépensé entre 157 M$ et 234 M$ en consultations, traitements, médication et transport pour soigner des allergies à l’herbe à poux, selon une étude de la Direction de santé publique de Montréal. Responsable d’allergies, de rhume des foins, de conjonctivite, de sinusite chronique, en plus d’aggraver les symptômes des enfants déjà affectés par l’asthme, « l’herbe à poux peut être qualifiée de véritable fléau » indique le Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de la Pointe-de-l’Île.
« Une étude réalisée en 2008 par la Direction de la santé publique de Montréal a démontré que notre CSSS était le deuxième territoire le plus touché par la problématique, explique Johanne Fradette, conseillère aux mesures d’urgence et en développement durable au CSSS de la Pointe-de-l’Île. Cette étude a également démontré que près de 5000 enfants de 6 mois à 12 ans étaient susceptibles d’être concernés. »
Le CSSS a donc décidé de sensibiliser à nouveau la population.
« On travaille là-dessus depuis quatre ans, notamment envers les propriétaires pour les inciter à couper les herbes qu’ils ont sur leur terrain. Le problème est qu’il faut s’en occuper au bon moment », souligne Mme Fradette.
Le territoire de la Pointe-de-l’Île est particulièrement touché en raison de ses nombreux espaces vacants et zones vertes.
« C’est une plante qui pousse à peu près partout, mais surtout dans les terrains vagues et les dépôts à neige, sur les voies ferrées ou encore aux abords des clôtures », explique Mme Fradette.
Éviter la prolifération
L’herbe à poux peut mesurer de 10 cm à 1,5 mètre de hauteur.
Elle libère son pollen de la fin du mois de juillet jusqu’à la période de gel.
Son action pollinique agit habituellement sur un rayon d’un kilomètre et les graines de la plante peuvent survivre jusqu’à 40 ans dans le sol.
« C’est pour cette raison qu’il est important de bien contrôler sa prolifération, indique Mme Fradette. Le meilleur moyen de la contrôler est de l’arracher ou de la tondre deux fois par année, soit à la mi-juillet et à la mi-août. En effet, par la coupe, il est possible de diminuer l’intensité des symptômes d’allergie de 50 % chez une personne sur deux. »
Contrairement à l’herbe à puce, cette plante n’est pas irritante. Elle peut donc être arrachée sans danger.
Il faut savoir que la présence d’herbe à poux coûte cher en soins de santé.
Comment réduire ses allergies?
La prévention est un excellent moyen de déjouer les effets néfastes de cette mauvaise herbe. Il est conseillé d’arracher cette plante avant sa floraison, de réserver les activités extérieures pour la fin de la journée, de climatiser son domicile ou d’utiliser un filtre à air, de garder les fenêtres de la voiture fermées, de sortir après une pluie, lorsque les grains de pollen sont encore au sol, d’éviter de faire sécher ses vêtements à l’extérieur et de se laver les mains et les cheveux avant le coucher.