L’intimidation dans le sport n’est pas nouvelle. Parlez-en aux athlètes de patinage artistique qui, tous les jours, se font traiter de « tapette et fif ». Plusieurs d’entre eux ont décidé qu’il fallait changer les choses en lançant une campagne de sensibilisation.
« C’est une idée qui me trottait dans la tête depuis un certain temps. C’était une idée comme ça. Je me suis dit que c’était un projet de fou », raconte l’une des instigatrices du projet et mère d’un patineur, Mireille Vernier.
L’élément déclencheur de la campagne a été la conférence de Georges Laraque. « J’ai vu la conférence de Georges Laraque à l’école où je travaille. Je savais que Bruno Yvars (entraîneur) le connaissait alors nous avons entamé le dialogue », explique Mme Vernier.
« J’avais travaillé avec Georges lors de quelques-uns de ses spectacles de patinage artistique. Je l’ai approché et il a tout de suite embarqué. Il nous a aidés pour les photos, l’impression et le graphisme. Il a d’ailleurs décidé de fournir le tout », souligne l’entraîneur des patineurs présents dans la photo, M. Yvars.
Une problématique sérieuse
Alexandre Laliberté a 17 ans et patine depuis de nombreuses années. Il se compte chanceux, car sa carrure l’a toujours aidé à éviter les injures. « J’ai toujours été bien bâti. Je n’ai pas vraiment été victime d’intimidation, mais je connais beaucoup d’autres patineurs qui en ont souffert », révèle le résident de Mercier
« Moi-même quand je faisais carrière comme patineur, j’ai été victime d’intimidation. Il aura fallu que j’aie de bons résultats avant que ça s’arrête », soutient M. Yvars.
Lorsqu’on l’a approché pour participer au projet, le patineur n’a pas hésité. « J’ai embarqué tout de suite et pour la cause. Plusieurs gars qui font du patin m’ont approché me disant que c’était cool ce que j’avais fait. L’Intimidation touche tout le monde, pas juste des patineurs. Je rembarquerais n’importe quand dans le projet », affirme l’athlète.
Manque de visibilité
Les affiches de la campagne ont été installées dans les écoles et quelques arénas de l’est de Montréal. Toutefois, plusieurs ont refusé d’afficher la photo.
« Nous avons été grandement limités dans l’affichage. De plus, les gens ne s’en servent pas assez. Il manque d’organisation autour du projet », admet l’entraîneur.
« Certains endroits nous ont refusé l’affichage, car nos affiches ne répondaient pas à certaines règles. De plus, nous sommes tous des parents ou des entraîneurs qui travaillent à temps plein. Nous manquons de temps », ajoute Mme Vernier.
Une nouvelle distribution est prévue en septembre, lorsque les clubs de patinage artistique vont reprendre leurs activités. Tous les instigateurs de la campagne espèrent que l’impact sera alors plus grand.