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Contrôler l'incontrôlable

Le Directeur général des élections (DGE), Marcel Blanchet, a décidé de s’attaquer à la Toile pour mieux faire respecter la loi électorale. Il est vrai que le développement de l’internet et particulièrement l’évolution vers le web 2.0 redéfinit certaines manières de faire en politique. De là à penser qu’il pourra encadrer ce nouvel outil, c’est une autre histoire.

L’évolution d’internet commande de plus en plus la participation citoyenne. Tel qu’on peut le lire sur l’en-tête d’un blogue politique français : «les médias traditionnels envoient des messages, les blogues démarrent les conversations.» De simples visiteurs internet cherchant de l’information, nous sommes maintenant devenus des acteurs. Les outils comme YouTube, MySpace et les blogues permettent aux citoyens de se mettre en scène et d’exprimer leurs opinions sans qu’aucun parti politique ne puisse intervenir. De fait, les partis subissent ou en obtiennent des bénéfices au bon gré des internautes.

Le DGE voudrait redéfinir la notion même de dépense électorale pour tenir compte de la gratuité des outils web. Le comité qu’il a mis sur pied devra remettre des recommandations qui éclaireront quant à la valeur ou l’avantage que pourrait en tirer un parti politique. Tout un défi! Comment évaluer la valeur des «Obama Girls»? Quel prix mettre sur la vidéo de bébés qui répètent maintes et maintes fois le nom d’Obama? Quelle perte peut réclamer Hillary Clinton parce que le bébé ne veut pas dire son nom? Tenter de mettre un prix sur ces initiatives citoyennes relève de l’impossible. Plus, l’opération va à l’encontre même de la philosophie du web 2.0.

Sans compter qu’une telle opération est contre-productive. Dans un contexte où les taux de participation sont anémiques, il importe d’intéresser de nouvelles clientèles. Les jeunes doivent sentir qu’ils ont leur mot à dire. L’outil qu’ils privilégient est de loin le net.

Le DGE pourra bien mesurer les investissements des partis politiques sur l’internet, c’est son travail. Pour ce qui est des initiatives citoyennes, il faudra repasser. Avant de contrôler l’incontrôlable, M. Blanchet devrait mettre toute son énergie à gérer les éléments sur lesquels il a de l’emprise. La réforme du mode de scrutin et la carte électorale ont bien besoin d’attention.

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