Michel Bissonnet a décidé de retourner à ses premières amours : la politique municipale. Il se sera donc laissé convaincre par celui qu’il avait enrôlé plusieurs années auparavant, Frank Zampino. Pour les résidants de la circonscription de Jeanne-Mance-Viger, ce n’est pas une pure perte. Dans les faits, cette circonscription et l’arrondissement de Saint-Léonard occupent pratiquement le même territoire. Toutefois, il est en autrement pour l’Assemblée nationale et le parti de Jean Charest.
En tant que président, Michel Bissonnet aura laissé sa marque à l’Assemblée nationale. Lors de son arrivée en poste, il s’était donné la mission de rapprocher l’institution des citoyens. Mission accomplie! Sur les lieux mêmes, sur l’internet, à la télé et sur le terrain, le symbole de la démocratie rayonne davantage. Sur le plan international et dans toute la francophonie, le président de l’Assemblée nationale aura aussi agi à titre d’ambassadeur.
L’arrivée d’un gouvernement minoritaire aura toutefois eu raison de cet homme entier et passionné. Celui qui doit s’élever au-dessus de la mêlée devait, à chaque période des questions, subir la critique des siens. Depuis un an, le climat était loin d’être au beau fixe. S’il est de coutume que l’opposition bougonne un peu à propos des décisions de celui qui doit faire régner l’ordre dans le Salon bleu, les reproches de sa famille politique, eux, sont plus blessants.
Pour le gouvernement, c’est le troisième départ en trois mois. Si les meilleurs gestionnaires ont le défi d’attirer le talent et de le retenir en cette période de pénurie de main-d’ouvre, Jean Charest, lui, semble éprouver de la difficulté à mobiliser certains de ses bons éléments.
Pour la suite des choses, la course s’enclenche. La succession de Michel Bissonnet suscitera sûrement beaucoup d’intérêt. Tout est possible dans un contexte de gouvernement minoritaire. Legs de M. Bissonnet, la nouvelle pratique voulant que le président puisse être choisi au scrutin secret des députés pourrait créer la surprise.
Quelques noms, dont celui de Pierre Paradis, laissé à l’arrière-banc par le premier ministre, circulent à Québec. D’ici là, il ne reste plus qu’à dire au revoir, monsieur le président!