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Le rapport Bouchard-Taylor: une perche à saisir

Il serait illusoire de penser que les conclusions du rapport Bouchard-Taylor feront l’unanimité dès leur dépôt. Déjà, Jean Charest a repoussé du revers de la main la proposition de retirer le crucifix de l’Assemblée nationale. Le mandat des commissaires était de taille. Le professeur Taylor l’a même défini comme étant celui de proposer à la fois une laïcité des institutions et une plus grande liberté des individus. Tout un défi!

Dans la foulée des recommandations du rapport Bouchard-Taylor, le projet de constitution québécoise refait surface. Ce projet, porté depuis sa fondation par l’Action démocratique du Québec, est aussi proposé par le Parti québécois. Il s’inscrit tout à fait dans l’esprit du rapport qui propose de formaliser certains principes de l’identité québécoise. Pour se réaliser, il faudra toutefois que l’on puisse s’élever au-delà de la mêlée. Un tel projet doit se développer au-dessus du cadre partisan.
Ce doit être une initiative de l’Assemblée nationale. Il y a donc un os.

Jean Charest ne voit pas le dépôt des conclusions du rapport Bouchard-Taylor comme une occasion à saisir pour doter le Québec d’une constitution québécoise. Il dit préférer un plan d’action qui éviterait un processus long et ardu. Si l’on suit cette logique, les fondateurs de la Ville de Québec auraient sûrement renoncé. Certes, il faut du temps et des discussions pour développer un projet de constitution. Ou certes, il faut du temps et des discussions pour développer un projet de constituer, mais une nation ne doit pas se laisser décourager par le chemin à parcourir. Elle doit se sentir animée par la volonté de se doter de tous les outils nécessaires pour assurer sa pérennité. Surtout s’il s’agit d’un processus permettant aux Québécois de s’unir autour de valeurs communes. Et encore plus si elle permet de se définir clairement par rapport à ses partenaires de la fédération.

Le Québec ne serait pas la première à poser le geste. La Colombie-Britannique l’a fait en 1996. Une simple loi qui stipule les pouvoirs et les règles qui gouvernent les élus. Contrairement à la constitution canadienne, il n’y a pas de formule d’amendement complexe. On peut l’amender par un simple vote à majorité simple. Preuve que l’approche peut être simple.

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