Plus de 70 places de stages ne seront pas occupées dans les facultés de médecine du Québec. C’est autant de médecins qui ne pratiqueront pas à court terme. Ce ne sont pourtant pas les candidats qui manquent. Autant de médecins diplômés à l’étranger, dont les compétences ont été reconnues par le Collège des médecins, sont en attente de ces stages. Ils rêvent d’enfin pratiquer la médecine au Québec.
Qu’est-ce qui motive ce blocage? Personne ne le sait, pas même le ministre de la Santé. Ce dernier dit ne rien pouvoir y faire prétextant l’autonomie des universités. Son action se limite à exiger plus de transparence de la part des recteurs des Facultés de médecine qui s’enferment dans leur mutisme. Il est vrai qu’un processus de sélection et des critères clairs et connus de tous seraient un pas dans la bonne direction, mais on ne peut s’arrêter là.
Les universités sont autonomes, c’est vrai. Cet argument ne justifie pourtant pas l’inaction. Le financement est public et le gouvernement est déjà intervenu pour fixer les seuils d’admission en médecine. Preuve qu’il est possible d’agir.
Plusieurs communautés vivent d’importante pénurie de médecins. À bien des endroits, il tient du miracle de se trouver un médecin de famille. Au même moment, des médecins aptes à pratiquer, selon l’ordre qui régit cette profession, demeurent sur le banc. Plusieurs d’entre eux occupent des postes de commis dans des commerces de détail.
Les difficultés connues par les médecins diplômés à l’étranger illustrent la difficulté du Québec à faire une place à ces gens qui ont des compétences et qui ont choisi notre province.
«Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage», dit l’adage. Les médecins diplômés à l’étranger prouvent leur résilience au quotidien. Il est temps de leur monter que leur patience peut être récompensée. C’est une occasion pour le ministre de la Santé d’envoyer un signal clair qu’il est possible de pratiquer dans des délais raisonnables. Il doit prendre des mesures pour que tous les intervenants s’entendent et s’ouvrent une fois pour toutes.