Le secteur de la culture est le reflet de l’effervescence de l’identité d’une nation. Il est aussi la base d’une vitalité économique qui dépasse largement les activités culturelles proprement dites. Il est la source de la créativité, celle qui permet à des pans complets de l’économie de se développer. Ici, à Montréal, au-delà des festivals et des activités purement culturelles, ce sont des domaines aussi diversifiés que l’aéronautique, le multimédia, la publicité qui reposent sur la créativité des travailleurs montréalais…
Des études récentes ont montré que pour les régions de Québec et Chaudière-Appalaches, les activités culturelles à elles seules représentent quelque 4,8 % du PIB. Ce qui place ce secteur sur un pied d’égalité avec l’enseignement, les services professionnels et la construction dans ces deux régions. Pourtant, on hésite à y investir, on hésite à développer une vision d’ensemble à long terme qui puisse permettre au Québec et à sa métropole de miser sur tout le talent qui y réside. Il manque au Québec, et à Montréal, la volonté de faire de la culture un moteur important de développement. Il y a bien des apôtres, ici et là. Leurs efforts restent pourtant marginalisés. Il faudra bien qu’un jour on comprenne que les sommes investies en culture rapportent tant sur le plan économique que
sur celui de la distinction et de l’affirmation identitaire.
Barcelone, capitale de la Catalogne, est un exemple qui inspire. Son PIB de 157 milliards d’euros est le plus important des 17 communautés espagnoles (environ 19 % du PIB de l’Espagne). Le Québec et Montréal sont loin de connaître la même vitalité, même si, sur plusieurs plans, on peut les comparer à la ville et à l’État espagnols. La ville de Barcelone possède un plan stratégique pour faire de la culture un catalyseur de son économie. La créativité y est encouragée. Et on peut penser que le financement se fait en fonction des ambitions.
Les chiffres publiés par le MAL (Mouvement des arts et des lettres) nous permettent de comprendre que le Québec est loin d’avoir le financement public nécessaire pour aspirer à consolider le secteur des arts et des lettres et, par extension, celui de la culture et de la créativité. Il est donc difficile d’avoir une vision à long terme quand on tire le diable par la queue.