Le chef de l’opposition officielle de la Ville de Montréal, Benoit Labonté a décidé d’y aller d’audace. En annonçant la création d’une société qui pilotera la candidature de Montréal pour l’exposition universelle de 2020, M. Labonté a sans aucun doute fait trembler les colonnes de l’hôtel de ville. On n’avait qu’à entendre les commentaires d’Alan DeSousa pour comprendre que le projet venait brouiller des cartes. On n’a trouvé rien de mieux à dire que le tout était mal ficelé, voire même irréaliste. La dérision n’amène rien, bien au contraire.
L’équipe du maire Gérald Tremblay aurait pu profiter de l’occasion pour démontrer que le travail d’équipe était possible, saisir la balle au bond et faire de cette initiative le symbole d’une nouvelle approche. Si le dossier n’est pas parfait, il est envisageable d’y contribuer pour le parfaire. Si l’approche est trop partisane, on peut offrir sa collaboration pour en faire un projet collectif. En fermant la porte à double tour, on a donné une fois de plus des arguments à ceux qui clament qu’il est impossible de réaliser quoi que ce soit à Montréal.
Expo 2020 a du potentiel. Il faut se souvenir du vent de nostalgie qui a soufflé sur la métropole et le Québec tout entier lors des célébrations des 40 ans de l’Expo 67. Ce fut le moment de se remémorer ce grand projet et ses effets positifs. Quand on y pense, le paysage montréalais en est encore fortement marqué. La question qui se pose maintenant est : «Qu’est ce qui aura marqué suffisamment le présent pour s’en souvenir dans 40 ans?»
Montréal a besoin d’une dose d’adrénaline pour réaliser son potentiel, donner à ses citoyens une part de rêves et un objectif commun. Un projet comme celui proposé par Benoit Labonté contient les ingrédients nécessaires. Les acteurs de Montréal peuvent s’unir et porter un grand coup pour placer Montréal parmi les grandes villes du monde. En mettant de l’avant une proposition pour l’exposition universelle de 2020, Benoit Labonté a fait une pierre deux coups.
Il a démontré qu’il avait de l’ambition pour Montréal. Il a aussi illustré que si c’est le cas de l’administration Tremblay, on aurait avantage à le communiquer.