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Prêts, pas prêts?

Tout indique que les Canadiens seront invités à se rendre aux urnes sous peu. Après 31 mois, il semble que le gouvernement minoritaire ayant eu la plus longue durée a atteint la date de préemption. Stephen Harper, n’en pouvant plus de voir tergiverser Stéphane Dion, a décidé d’agir et de se saborder.

Ce n’est pas fait, mais c’est tout comme. La gouverneure générale, Michaëlle Jean, a dû renoncer à représenter le Canada aux Jeux paralympiques de Beijing. Elle doit se tenir prête à recevoir le premier ministre, qui devrait lui demander de dissoudre le gouvernement. Si ce scénario se matérialise, cela voudra dire que Stephen Harper aura lui-même renié la loi qu’il a fait adopter sur les élections à date fixe. Reste à savoir si la population lui en tiendra rigueur. Ce principe veut que le premier ministre renonce à sa prérogative de choisir la date de l’élection selon l’air du temps. C’est un principe qui permet à tous les partis de jouir des mêmes circonstances. Pas cette fois-ci, cependant : il a décidé de mettre les gouvernements minoritaires dans la liste des exceptions. Ce sera pour la prochaine fois…
si l’un des partis obtient un mandat majoritaire.

Un récent sondage au Québec place les conservateurs juste devant le Bloc. L’été, qualifié de catastrophique par bien des observateurs, n’aura pas laissé de marque, du moins à court terme. Est-ce que la campagne pourrait faire ressortir certaines cicatrices? Une trentaine de jours de campagne, cela peut parfois être douloureux. Il faudrait toutefois que l’opposition parvienne à faire passer le message, ce qui est loin d’être évident. 

Ici, le Bloc doit composer avec l’usure du temps et les réalignements du PQ. Ce parti qui ne devait durer qu’un temps est tributaire des décisions prises au Parti québécois. On devra donc faire valoir la souveraineté sans évoquer de référendum et en justifier une fois encore la pertinence. Pour les libéraux, le défi sera de taille. Le chef, qui peine à faire valoir son leadership, devra mener ses troupes avec des coffres beaucoup moins garnis que ceux des adversaires et un programme qui demande des explications. Prêts, pas prêts, voilà ce qui semble suffisant pour expliquer l’empressement de M. Harper.

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