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Ça manque à la culture

Faire le ménage dans les programmes gouvernementaux n’est pas un problème en soi. Avec l’évolution normale des choses, il est même souhaitable que le gouvernement révise les objectifs et la manière d’apporter son soutien à différents secteurs. Tout est dans l’art et la manière.

Si l’on veut réviser l’aide que l’État apporte, il faut que le processus soit clair et transparent. Le milieu doit être engagé. Si les conclusions sont qu’il faut couper ou modifier les programmes, on doit en expliquer les raisons et présenter des solutions de remplacement. Le principe de Darwin s’applique ici comme ailleurs : les programmes peuvent s’adapter ou disparaître. Quand on coupe pour couper, comme dans le cas des récentes annonces en culture, il est normal d’assister à une levée de boucliers. Les motivations nébuleuses du gouvernement et son mutisme ont laissé la place à une série d’interprétations tant sur les motivations que sur l’avenir des choses. Est-ce une situation temporaire qui laissera place à des annonces en période électorale? Est-ce que les sommes coupées serviront au relais de la flamme olympique? Est-ce une décision purement idéologique?

La coupure qui, aux premières nouvelles, devait être de 23 M$ serait maintenant évaluée à 44,8 M$. Ce n’est pas un montant colossal quand on sait que les dépenses en culture tournent autour de 3,4 G$ par année.  Toutefois, l’impact sur la survie même d’organisations-clés et sur le rayonnement de la culture, particulièrement au Québec, est catastrophique. La déception est d’autant plus grande que Stephen Harper n’a pas cessé de répéter son ouverture au Québec. Lors d’un récent passage dans la Belle Province, il avait dit souhaiter qu’elle affirme sa personnalité au Canada. Cette personnalité passe par l’expression de la culture québécoise et par sa capacité de rayonner. En coupant les ailes du milieu de cette manière, le gouvernement Harper pose des embûches majeures au développement de futurs Robert Lepage.

À défaut d’avoir mesuré l’impact de ses décisions, on peut souhaiter que le gouvernement Harper se ressaisisse dans la mouvance électorale. Si l’action n’est pas motivée par la volonté de soutenir l’essor du milieu culturel, souhaitons qu’elle le soit par celle de gagner des appuis.

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