Vu du Québec, j’ai toujours cru que l’Arizona était le paradis des retraités. Temps sec, villes fermées : il m’apparaissait que plusieurs devaient choisir cet État pour le désert, le golf et le plein air. La réalité est tout autre. L’État de John McCain, candidat républicain à la présidence américaine, connaît un boom démographique important. Au-delà des perceptions, sa population s’est accrue de 20 % entre 2000 et 2006. Elle compte plus de jeunes de moins de 18 ans que la moyenne américaine.
Comme ailleurs au pays de l’Oncle Sam, le ralentissement économique se fait cependant sentir dans l’État du Grand Canyon. Le tourisme, important levier économique de cet État, connaît des moments difficiles. Certains exploitants se confient et parlent d’une baisse de 30 % de l’achalandage. Signe que les priorités dans le budget familial des Américains se concentrent de plus en plus sur l’essentiel. Il s’en trouve même pour dire que la situation est bien pire que celle décrite par les médias.
L’économie n’est pourtant pas la marque de commerce du candidat de l’Arizona. Héros de guerre du Vietnam, il est perçu chez lui comme un «commander in chief» de taille. Il doit maintenant prouver à la population qu’il a la capacité d’équilibrer un budget en déroute. Candidat républicain, il doit aussi vivre avec l’héritage de George W. Bush.
Comme chez nous, la santé est aussi un enjeu électoral. Là s’arrête la comparaison. Ici, les bulletins de nouvelles commentent les temps d’attente d’une heure à l’urgence. Impossible de comparer des pommes et des oranges, mais pour une Québécoise, on peut dire que ça surprend.
Les candidats à la présidence américaine demeurent dans deux contrées bien différentes : un Arizona en croissance et un Illinois qui connaît un déclin démographique. Si Barack Obama doit se défendre de son inex-périence, John McCain, lui, doit faire oublier son âge. À 71 ans, il doit démontrer qu’il a la fougue et l’énergie nécessaires pour occuper le poste. À trois mois du scrutin, on ne sent pas que les jeux sont faits. Pour le sénateur de l’Arizona, il n’est pas question d’aller grossir les rangs des retraités.