Barack Obama l’a échappé belle! Son taux de cholestérol est trop élevé (138 au lieu de 130), il fume en cachette, adore la malbouffe, abuse de sucreries, se surmène, mais, depuis hier, il peut désormais souffler. Sa réforme de l’assurance-santé a enfin été adoptée.
Politiquement, il respire à pleins poumons. Sa victoire lui permettra de clamer «yes we can» sur d’autres fronts. Tout au long de sa longue bataille contre les républicains, ces derniers lui avaient promis rien de moins qu’un «Waterloo». Le projet le plus emblématique de son mandat ne passerait pas et coulerait même sa présidence.
Une défaite aurait en effet lourdement hypothéqué un second mandat en 2012. Obama peut maintenant s’investir à fond dans l’environnement, l’immigration, le déficit et l’énergie, notamment. Mais il n’a pas les mains libres, malgré le contrôle démocrate du Sénat et de la Chambre des représentants.
Contrairement aux républicains, les démocrates ne forment pas un bloc monolithique. Les «blue dogs» (conservateurs) sont assez nombreux pour donner des sueurs froides à leur président. La réforme «historique» sur la santé l’a bien montré. C’est d’ailleurs une pâle copie de ce qu’Obama proposait au départ pour prendre soin des millions d’Américains n’ayant aucune assurance maladie.
Première conclusion : s’il a réussi là où tous les autres présidents ont mordu la poussière, c’est parce qu’il a fini par convaincre ses troupes que sa réforme n’allait pas créer un système «à la canadienne», par exemple. Sa grande victoire est d’avoir uni les démocrates. Mais les États-Unis sont plus divisés que jamais.
Tout au long de la bataille parlementaire sur la santé, les républicains ont crié au loup: l’«ObamaCare» entraînera des hausses d’impôts et creusera le déficit. Ils comptent à présent sur les législatives du 2 novembre pour prendre leur revanche. Ils l’auront si l’économie ne se porte pas beaucoup mieux.
C’est d’ailleurs sur ce front que se décidera la présidence d’Obama. Encore et toujours, le grand souci des Américains se résume à cette boutade de James Carville, un conseiller de Bill Clinton, qui s’était cassé les dents avec sa propre réforme de la santé : «It’s the economy stupid!»