Graham Hughes/La presse canadienne Le dossier Didier Drogba était épineux, le timing on ne peut plus mauvais, mais à aucun moment on n’a échappé le ballon du côté de l’Impact.

Tout est bien qui finit bien!

Mardi matin, deux jours après un autre épisode mouvementé du feuilleton Drogba, les nouvelles en provenance du centre d’entraînement de l’Impact étaient bonnes: la rencontre entre Joey Saputo et la mégastar s’est avérée réconciliatrice, et le joueur réintégrera le groupe en vue du dernier match de la saison régulière, dimanche en Nouvelle-Angleterre, et, bien entendu, des séries éliminatoires.

Ce dénouement heureux met une fois de plus à l’avant-plan la grande évolution du club montréalais en tant qu’institution. Le dossier était épineux, le timing on ne peut plus mauvais, mais à aucun moment on a échappé le ballon du côté de l’Impact. Faisant preuve de transparence, d’humilité, et surtout en ne s’en laissant pas imposer, on a réussi à désamorcer une situation qui aurait autrement pu laisser une cicatrice profonde dans l’imaginaire collectif.

Malgré tout, au cours des derniers jours, plusieurs voix ont reproché au club fleurdelisé de ne pas avoir l’envergure requise pour gérer une figure de la magnitude de Drogba. Pourtant, après la saga hivernale impliquant Chelsea, l’Impact a fait sa bonne part de compromis envers l’Ivoirien: présaison en solo au Qatar, entraînement en Californie – loin du froid et de ses coéquipiers –, escapades intempestives à Londres en pleine saison, et j’en passe…

Pour certains, il s’agissait de caprices de prima donna. Personnellement, j’y ai toujours vu des accommodements raisonnables. Rien de plus normal, dans le contexte MLS, qu’une figure telle que Drogba y bénéficie. Non pas parce il est plus grand que le club – personne n’est plus grand que le club, et c’est aujourd’hui plus clair que jamais –, mais plutôt car, à 38 ans, une telle flexibilité servait avant tout le bien commun.

Le choix de Biello
Pour revenir à la décision de Biello, même si j’étais de ceux qui croyaient que le temps était venu de titulariser le numéro 11 face à Toronto, difficile aujourd’hui de contester son choix; Matteo Mancosu lui a donné raison une fois de plus, s’avérant une bougie d’allumage dans la surface adverse et en relance, tout en créant de l’espace pour Ignacio Piatti, avec ses appels toujours à la limite du hors-jeu. L’entente grandissante entre Nacho et l’Italien est d’ailleurs remplie de belles promesses pour la suite des choses.

Aux yeux de la planète-foot, sauf peut-être de ceux, nombreux, qui lui vouent un culte absolu, cette histoire a fait mal paraître Drogba, et il n’est pas dupe. Il suffit de faire le tour des titres peu flatteurs que la presse mondiale lui a réservés à la suite de sa défection pour comprendre que cette fois, l’opinion publique n’est pas de son côté.

Toujours soucieux de son image, il aurait été étonnant que, dans les derniers milles de sa glorieuse carrière, il ait laissé cette situation venir craqueler le vernis qu’il entretient si précieusement.

Biello a quant à lui été clair dès le départ: la porte est toujours demeurée ouverte du côté du club… et avec raison! Qu’il soit partant ou super-sub, l’Impact est une meilleure équipe avec Didier Drogba dans ses rangs. Sur le terrain comme à l’extérieur.

Avec les séries éliminatoires qui débutent dans moins de 10 jours, aucun scénario ne pouvait s’avérer plus bénéfique qu’une (deuxième) réconciliation entre les deux clans. Un Drogba désireux de faire amende honorable peut être un atout encore plus grand, même si lui nous dira (encore une fois) qu’il n’est jamais parti…

Des excuses de Drogba?
Joey Saputo, Mauro Biello et Patrice Bernier ont préféré ne pas s’étendre sur le sujet, invoquant le fameux «secret de vestiaire», mais certaines informations laissent entendre que Didier Drogba a présenté des excuses formelles à ses coéquipiers et au président. Une bien belle façon de tourner la page et de réintégrer un vestiaire qui lui a toujours manifesté son soutien.

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