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MONTRÉAL — Des militants ont dénoncé la venue à Montréal, samedi, d’un groupe qui embrasse une idéologie d’extrême droite dans le cadre d’un festival de musique métal.

Les promoteurs de la Messe des morts assurent pour leur part que leur festival est apolitique et que les propos controversés tenus par des membres du groupe polonais Graveland remontent à plus d’une décennie.

Le groupe, fondé au début des années 1990, a collaboré avec d’autres formations ouvertement affichées comme néonazies dans le passé, et ses membres ont déjà tenu des propos racistes en entrevue, déclarant notamment avoir des «convictions politiques et des inspirations ayant les traits des idéologies appuyées par les skinheads» ou affirmant que les Juifs avaient une «moralité décadente».

Aux États-Unis, l’Anti-Defamation League a inclus Graveland dans sa liste de «groupes de musique haineux».

«Chaque année, à la Messe des morts, on retrouve des groupes d’extrême droite et on est vraiment tannés, parce que ça fait en sorte qu’il y a un glissement vers l’extrême droite de l’ensemble de la scène (métal) au complet», a déploré Martin Soucy, un des militants qui s’opposent à la venue de Graveland à Montréal.

Sepulchral Productions, qui organise la Messe des morts au Théâtre Plaza, admet par communiqué qu’«il est vrai que le membre fondateur du groupe a tenu des propos désolants par le passé», mais estime que c’était «souvent plus par désir de provocation que par réelle conviction politique». Le chanteur de Graveland, Rob «Darken» Fudali, a d’ailleurs publié un message en octobre dernier, sur le site officiel du groupe, déclarant que la formation ne s’est jamais inscrite dans quelque mouvement politique que ce soit et qu’elle ne fait pas partie de la scène NSBM (black métal national-socialiste).

«Ce festival s’est toujours voulu une célébration de la musique métal « underground », et uniquement une célébration musicale», écrivent les promoteurs, qui n’ont pas souhaité accorder d’entrevue à ce sujet.

«Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais, un aspect politique à la Messe des morts, et absolument tout le monde, peu importe son origine, est bienvenu au festival.»

Martin Soucy craint malgré tout qu’inviter des groupes aux idées d’extrême droite banalise le racisme et l’idée de suprématie blanche auprès des amateurs de musique qui ne sont pas nécessairement, à la base, des adeptes de ces idéologies.

«Il y a une majorité de gens qui vont (à la Messe des morts) pour la musique avant tout, c’est certain, admet-il. Mais il y a un glissement dans cette direction-là, qui fait en sorte qu’il y a des gens qui ne seraient pas nécessairement politisés ou qui vont seulement là, à la base, pour la musique, et qui vont commencer à être en contact avec des idées d’extrême droite, avec des groupes qui véhiculent ces idéologies-là. (…) Ce n’est pas tant les gens, individuellement, qui vont au concert qu’on veut dénoncer, c’est plutôt le promoteur et les gens qui appuient ce genre de propos-là.»

Une manifestation pour s’opposer au passage de Graveland dans la métropole aura lieu samedi, à 16 h, au métro Beaubien.

Le Théâtre Plaza n’a pas rappelé La Presse canadienne.

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