Josie Desmarais/Métro Denis Coderre, le 7 novembre 2017

Trois jours après sa cuisante défaite électorale, le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, a confirmé qu’il se retirait de la vie politique municipale, mais pas de la vie publique.

«C’est sûr que vous allez me revoir, a-t-il déclaré lors de son premier point de presse depuis la soirée électorale. Peut-être pas comme maire ou politicien, mais c’est sûr que je vais toujours être là pour m’assurer que Montréal puisse jouer son plein potentiel.»

Pourrait-il être candidat dans l’équipe libérale de Philippe Couillard aux élections provinciales prévues en automne 2018? «Pas du tout», a-t-il soutenu mercredi, niant avoir l’oeil tourné vers le scrutin provincial. Il n’envisage pas non un retour à la Chambre des communes.

Dans le salon Maisonneuve de l’hôtel de ville, celui qu’il a utilisé à de nombreuses reprises au cours de son dernier et unique mandat, le maire sortant a assuré que sa priorité était désormais de se «refaire une santé».

Avouant avoir «malheureusement négligé [sa] famille» ces quatre dernières années, il a indiqué qu’il prendrait deux semaines de vacances. «Pas sûr qu’ils vont être contents d’être avec moi tout le temps, mais ça, c’est une autre histoire. On va faire avec», a-t-il souri.

Il est en revanche resté assez évasif sur sa décision de quitter le conseil municipal, alors qu’il aurait pu siéger comme chef de l’opposition en raison de la victoire de sa colistière dans Montréal-Nord, Chantal Rossi. «J’ai décidé autrement, ça m’appartient», a-t-il simplement dit, avant de préciser qu’il n’avait reçu aucune offre d’emploi.

«Et je n’irai pas dans les médias, inquiétez-vous pas», a-t-il plaisanté.

«J’aime profondément cette ville, j’y ai mis toute mon énergie, ma passion et mon amour.» – Denis Coderre, maire sortant de Montréal

Tout au long de cette prise de parole, M. Coderre est aussi revenu sur de nombreux sujets. Il n’a cependant pas voulu s’attarder sur sa campagne. «On a eu 46% des votes, ce n’est pas rien, a-t-il indiqué, rappelant avoir obtenu 32% des suffrages en 2013. Je ne me ferai pas du mauvais sang avec ça. Je suis entier, avec mes qualités et mes défauts, les gens ont préféré passer à autre chose. C’est correct. Je n’ai pas de problème avec ça.»

Il a cependant reconnu n’avoir aucun «regrets». «On ne peut pas se faire du mal continuellement et se demander pourquoi, pourquoi. Chacun peut dire une chose ou son contraire. Je ne suis plus rendu là. Il faut constater les faits et passer à autre chose.»

Mardi, Lionel Pérez, membre de son comité exécutif et réélu dimanche, a affirmé que son parti avait livré une «mauvaise campagne». «On a travaillé avec énergie, a répliqué l’ancien député. Certains disent que ce n’était pas une campagne adéquate. Au bout de la ligne, on avait des choses à offrir, Les gens ont décidé autrement. Je ne suis pas dans la qualification de ce qui marche ou pas. On peut trouver toute sorte de chose, mais il faut regarder vers l’avant.»

Le maire sortant a souhaité «bonne chance» à la nouvelle administration de Valérie Plante. «S’il y a besoin d’aide, je serai là. Elle peut compter sur tout mon appui», a-t-il promis. Il a également incité les élus de son parti «à faire partie de la solution». Afin de s’assurer que «Montréal est gagnant», il a enjoint ces derniers à participer à la réussite de la métropole «que ce soit sur la scène internationale, québécoise et canadienne».

«On l’a fait il y a quatre ans et ça a merveilleusement bien fonctionné», a-t-il mentionné, en référence à l’arrivée de plusieurs élus de Coalition Montréal au sein de son administration.

M. Coderre a répété à plusieurs reprises que «Montréal est une ville exceptionnelle». «Montréal est redevenue cette plaque tournante, Montréal inspire, a-t-il clamé, avant de souligner l’état de la ville au moment de son élection. Montréal avait un problème d’estime de soi, de dignité. On l’avait maganée notre Montréal, il y avait beaucoup de cynisme, de corruption. On a quand même ramené cette stabilité.»

Il a également rappelé le coup de barre donné pour le développement économique, l’arrivée du statut de métropole, le rayonnement de Montréal sur la scène internationale et la mise à niveau des infrastructures. «On a mis les livres en ordre», a-t-il dit.

Il a aussi fait «un coucou» à son «ami Régis [Labeaume, maire de Québec]». «Il n’y a plus de chicanes au bout de [l’autoroute] 20», a-t-il affirmé, en souriant.

Lavenir de son parti
Les élus d’Équipe Coderre se réuniront jeudi matin pour désigner un nouveau chef intérimaire. A-t-il une préférence ? «J’ai démissionné, ils choisiront, a-t-il lancé. Je ne jouerais pas à la belle-mère, on ne fera pas une première belle-mère au niveau municipal.»

«Je vais tout faire pour que [les Expos] reviennent. Soyons clair, il faut y croire, s’investir, être présent et le vouloir, a-t-il ajouté. Il faut que le maire de Montréal soit aussi un promoteur. Si on y croit, il faut y mettre du sien.» – Denis Coderre, maire sortant, au sujet du retour d’une équipe de de baseball professionnelle à Montréal

Les travaux d’infrastructure
«C’est pas toujours drôle», a-t-il reconnu, en évoquant «les cônes oranges». «Mais on était obligé de le faire, car durant les 30 dernières années, on a laissé tomber trop souvent les infrastructures, car on sait que ça peut-être difficile de se faire réélire avec ça», a-t-il affirmé.

Il s’est néanmoins dit fier d’avoir «jeté les galons d’une transformation qui est durable, nécessaire, incontournable pour les prochaines générations.»

Les médias
M. Coderre a également eu un mot pour les médias, avec lesquels les relations ont parfois été difficiles. «Évidemment, on se coltaille de temps en temps, a-t-il admis. Parce que Montréal est redevenue pertinente, parce qu’on a été capable de démontrer toutes les facettes de Montréal, on a démontré à la population l’importance de ces nouvelles municipales. Je ne sais pas si vous allez vous ennuyer de moi, mais ça a été un plaisir de travailler à vos côtés. Vous avez un travail à faire, j’ai mon travail à faire, mais au bout de la ligne, je pense que ceux qui sont gagnants, c’est la population.» Il a quitté l’hôtel de ville, en lâchant un «à la prochaine» aux journalistes présents.

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