Le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM), un regroupement d’organismes communautaires, de refuges, d’établissements de santé et d’institutions gouvernementales a lancé vendredi un plan d’action qui vise à sortir 2000 personnes de la rue d’ici 2020.

«C’est un objectif ambitieux, reconnaît le directeur général du MMFIM, James McGregor en entrevue avec Métro. Mais ce ne sont pas des chiffres en l’air.» Le chiffre de 2000 découle directement du dénombrement des personnes en situation d’itinérance qui a eu lieu en début d’année.

Lors de celui-ci, on avait compté 784 personnes en situation d’itinérance chronique (plus de quatre ans passés dans la rue) et 1357 en situation d’itinérance cyclique. Les MMFIM souhaite leur venir en aide, en leur fournissant un logement et des soins. D’où la collaboration des établissements de santé. «La plupart des organismes ne sont pas équipés pour venir en aide aux personnes qui ont des problèmes de santé mentale et de consommation, indique M. McGegor. C’est environ 10% des personnes itinérantes, mais elles consomment 60% des services.»

Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui regroupe de nombreux organismes communautaires et refuges, déplore que l’on ne s’attaque qu’à la pointe de l’iceberg. «On ne nie pas que des personnes pourront être aidées, insiste la Présidente du RAPSIM et directrice-générale du Refuge des Jeunes de Montréal, France Labelle. Toutefois ce n’est qu’une approche pour les personnes qui souffrent de problèmes psychiatriques et ça repose sur un modèle unique: le logement d’abord.»

Pour M. McGregor, il s’agit plutôt d’offrir des services complémentaires à ce qui existe déjà. «L’idée, c’est de bonifier les ressources; pas sur l’ensemble du réseau, mais en ciblant une clientèle spécifique», précise-t-il.

Mme Labelle dénonce aussi le fait que les outils de suivi proposés par le MMFIM sont très intrusifs pour les itinérants. «Ils seraient utilisables par les intervenants communautaires ou de la santé, autant que par la police, explique-t-elle. Ça veut dire qu’à tout moment on pourrait interpeler une personne et savoir si elle a pris ses médicaments et où elle est hébergée. Cela ne respecte pas la confidentialité.»

Le MMFIM évalue que son plan d’action coûtera 36,9 M$ sur 5 ans et est actuellement en recherche de fonds. «La plupart des fonds manquants doivent venir du gouvernement et on peut en parallèle aller chercher un peu de la part du privé, soutient James McGregor. On veut un financement ciblé sur des résultats.» Selon lui, le plan d’action qu’ils ont construit aidera le maire de Montréal a obtenir des fonds du gouvernement du Québec.

Un protecteur des itinérants

La Ville de Montréal a également annoncé vendredi la création d’un poste de protecteur des personnes en situation d’itinérance, ainsi que l’octroi de fonds pour la mise en place d’un plan d’action de lutte contre l’itinérance.

Le protecteur veillera au respect des droits des personnes itinérantes, ainsi qu’à l’accessibilité de services pour ces derniers. Il aura aussi pour mandat d’émettre des recommandations à la Ville afin de lutter contre l’itinérance. Le protecteur entrera en fonction dans les prochains mois. Une somme de 140 000$ sera investie annuellement par la Ville, durant cinq ans, dans le plan d’action du MMFIM.

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