Yves Provencher/Métro Le premier ministre, Jean Charest

Le gouvernement a présenté dimanche son plan d’action sur les changements climatiques (PACC) dans lequel il compte investir 2,7 G$ entre 2013 et 2020 pour lutter contre les changements climatiques. L’objectif est de réduire les gaz à effet de serre (GES) de 20% par rapport au seuil de 1990. «C’est un projet très ambitieux», a reconnu le premier ministre Jean Charest dimanche. Ce dernier était accompagné du ministre des Transports, Pierre Moreau et du ministre de l’Environnement, Pierre Arcand. Il s’agit d’une cible équivalente à celle visée par l’Union européenne.

Le gouvernement espère que ce plan s’autofinancera à même les revenus du marché de carbone qui sera mis en place à partir de 2013. D’ici à ce que ce marché génère des revenus importants, vers 2015, le gouvernement prolongera jusqu’en 2014 la redevance sur les carburants pour financer une partie du plan. Cette redevance génère près de 200 000 M$ par année.

Le secteur des transports, qui est responsable de plus de 40% des émissions de GES, devra fournir le plus gros des efforts. Il recevra donc la plus grande part de l’enveloppe, soit 1,5 G$. Cependant, le plan n’établit pas de cible pour le secteur du transport. M. Moreau a promis d’y revenir après la tenue de consultations publiques, au cours des prochaines semaines.

Équiterre et la Fondation David Suzuki ont d’ailleurs qualifié le plan «d’intéressant, mais incomplet». Le Parti québécois s’est montré plus cinglant, déclarant même que ce plan est avant tout un «plan de relations publiques». «Beaucoup de mots pour peu de résultats significatifs. Ce plan relève davantage […] d’une sorte de masque vert pour que Jean Charest puisse se pavaner au sommet de la terre à Rio, à la fin du mois», a affirmé Scott McKay porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement.

M. McKay a rappelé qu’il y a un mois, le commissaire au développement durable critiquait la gestion du précédent PACC de 2006-2012 pour son manque de transparence, des objectifs flous et un manque de suivi. «Il y a un déséquilibre renversant en matière de transport» a ajouté André Belisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Le plan octroie 1,5 G$ notamment pour développer le transport collectif alors que le ministère des Transports investira 17 G$ dans la construction de routes entre 2010 et 2015, ce qui profite surtout aux transports individuels en voiture, a indiqué M Belisle.

C’est également le point de vue de TRANSIT, l’Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec, qui croit que le Québec n’atteindra jamais sa cible si le ministère des Transports du Québec continue de ne consacrer que 18 % de ses fonds aux transports collectifs.

Quelques actions du PACC

  • Améliorer l’offre du service de transport en commun
  • Favoriser l’accessibilité au covoiturage
  • Subventioner les énergies moins polluantes (pour ceux qui chauffent au mazout )
  • 115 M$ consacrés aux mesures d’aménagement durable, par exemple, en soutenant des projets d’écoquartier ou en aidant les municipalités à luter contre les îlots de chaleur
  • Favoriser l’hybridation des camions et la conversion au gaz naturel

Les principes d’un marché du carbone
Québec avait annoncé en décembre 2011 la création d’un marché de carbone, qui sera opérationnel en 2013. Il s’agit d’un système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de GES. Le plafond des émissions est fixé par le gouvernement. Lorsqu’une entreprise dépasse ce plafond, elle doit acheter des crédits carbone sur un marché où le prix est appelé à évoluer selon l’offre et la demande. Un prix plancher a été fixé à 10$ la tonne de GES.
Le dernier budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, déposé en mars dernier, estime que le marché pourrait rapporter 2,4 G$ d’ici 2020, mais tout dépendra de l’évolution du prix de la tonne de GES. Il existe déjà un marché du carbone en Californie et en Europe. La Banque mondiale estime que le marché européen a généré quelque 150 G$ l’an dernier.

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