Josie Desmarais Le roi Bonbon.

Le Marché Casse-Noisette? «C’est familial, amical, chaleureux.» C’est aussi un événement où tous les exposants versent 10% de leurs ventes au profit du Fonds Casse-Noisette pour enfants qui permet à 2800 petits issus de familles défavorisées de participer à des ateliers éducatifs et d’assister à une représentation du ballet-signature du temps des Fêtes. Chouette.

«L’an dernier, quand on a lancé le Marché, c’était pratiquement le printemps», remarque Alain Dancyger, directeur général des Grands Ballets Canadiens de Montréal, en parlant météo. Cette année, dans la neige de novembre, mais à l’intérieur du Palais des congrès, on se sent déjà presque comme un soir de veille de Noël. En plus, les personnages-superhéros du ballet envahissent la place. Les petites souris gambadent, la fée Dragée se promène, les flocons virevoltent. Et les haut-parleurs font résonner la musique de Tchaïkovski que même les plus cyniques ne pourront s’empêcher de trouver jolie (non?).

Né il y a sept ans, le Marché s’inscrit dans l’idée «de partage, de don et de magie de Noël», souligne le DG des GB. Cette année, ils sont 103 représentants («un nombre record») à y avoir loué un stand. «Et pratiquement 50% sont des nouveaux venus.»

Mais il y a aussi ceux qui reviennent édition après édition. Par exemple, l’entreprise québécoise Miel Nature, une hydromellerie qui produit du miel extrait à froid, installée à Beauharnois. Pourquoi cette fidélité? Simple, nous répond le représentant Marcel Christe («un-peu-comme-les-biscuits-mais-moins-le-I-à-la-fin»). «C’est un excellent marché, l’ambiance est bonne, ça nous donne la chance d’être au centre-ville de Montréal, de rencontrer nos clients d’ici et de faire connaître nos produits», souligne-t-il en nous versant un shooter de Goutte d’or, un vin de miel fortifié à la vodka, puis en nous vantant le vin au cassis Nuit d’amour fait avec, aha, pleiiiin d’amour. «La bouteille le dit: pourquoi pas ce soir, chéri(e)!»

Redevenant sérieux, il ajoute que le fait de verser 10% des profits réalisés à son kiosque au Fonds Casse-Noisette pour enfants rend l’expérience d’autant plus agréable. «Ce n’est pas la fin du monde pour nous, mais ça peut tellement changer la vie des autres!»

Élise Charbonneau, directrice du financement et responsable du Marché, abonde en ce sens. «C’est un événement qui se veut festif avec de beaux produits de qualité, mais c’est surtout pour une bonne cause», note-t-elle, debout devant un chic sapin qui borde l’Avenue Clara (du nom de l’héroïne du ballet). Car oui, le Marché est divisé en sections évoquant le récit dont, notamment, l’Avenue Flocon (du nom de la valse) et l’Avenue Drosselmeyer (du nom de l’oncle qui offre un casse-noisette à la Clara 
susmentionnée).

«La vision des Grands Ballets, c’est de dire que la danse peut transformer notre vie. Pour le meilleur.» –
Alain Dancyger directeur général des Grands Ballets

C’est inspirée par le marché du Houston Ballet («un peu différent, beaucoup plus gros et très, très couru») qu’elle a eu l’idée de créer un modèle similaire dans la métropole, «qui reprend la thématique de Casse-Noisette, l’idée du cadeau, tout en l’adaptant au public de Montréal, c’est-à-dire en offrant des produits recherchés, de qualité, qu’on ne trouve pas partout».

Car il faut dire que les locaux sont particulièrement attachés à ce ballet, et encore plus à la version imaginée par le regretté chorégraphe québécois Fernand Nault. Un classique des classiques. D’ailleurs, comme le veut la tradition, dès la mi-décembre, à la Place des Arts, on donnera 16 représentations du ballet 
en 2 actes.

Signe, peut-être, de cette affection, d’année en année, le Marché grandit en popularité, certes, mais aussi en nombre d’exposants. Ces derniers sont choisis selon trois principaux critères (l’originalité du produit, la qualité et l’accessibilité). Ils louent les kiosques et ils reversent 10 % au Fonds Casse-Noisette pour enfants, donc. Un organisme créé en 1997, rappelle Élise Charbonneau, visant à intéresser les jeunes à l’art. «Nous nous sommes rendu compte que certains enfants, qui étaient un peu éteints par les cours à l’école, devenaient complètement émerveillés par une activité artistique. De fil en aiguille, nous avons monté des programmes en arts visuels, en arts chorégraphiques et en création de costumes. Des créateurs se rendent dans les classes et initient les élèves à Casse-Noisette.»

Ainsi, ces derniers apprennent non seulement les détails du conte hivernal, mais aussi la musique qui l’accompagne, les chorégraphies qui en ont été inspirées. Enfin, instant phare, ils assistent à une représentation du spectacle, donnée par les Grands Ballets.

Moment marquant pour la vie, selon M. Dancyger, qui se souvient parfaitement de son premier Casse-Noisette, en 1996. Depuis, il le voit 16 fois par année. «Faites le calcul!» Hm, hm. Ça fait plein de fois.

«La raison pour laquelle les gens aiment le voir encore et encore, estime-t-il, c’est que même après 20 ans, on remarque des choses que l’on n’avait pas vues nécessairement auparavant. Parce que la production est tellement riche que c’est difficile de tout voir en même temps dans les tableaux! Plus l’œil est expérimenté, plus on remarque des détails.» Ah tiens. Une souris qui passe en courant.

Le Marché Casse-Noisette
Jusqu’au 4 décembre
Au Palais des congrès

Aussi dans Culture :

blog comments powered by Disqus