Juste la fin du monde, de Xavier Dolan, a remporté six trophées aux gala des prix Écrans canadiens, dimanche soir à Toronto, dont ceux du Meilleur film et de la Meilleure réalisation.

Le cinéaste québécois n’était pas présent à la cérémonie puisqu’il est en tournage à Prague, en République tchèque, pour The Death and Life of John F. Donovan. Dans son discours de remerciements, lu par le producteur Sylvain Corbeil, il a remercié l’académie «d’accepter notre cinéma, nos films et nos histoires».

Lors de la remise des prix hors antenne, Juste la fin du monde a également été récompensé pour ses images, son maquillage et son scénario adapté. Vincent Cassel a pour sa part remporté le prix du Meilleur acteur de soutien.

Les longs métrages québécois en nomination ne sont pas repartis bredouilles. Two Lovers and a Bear, de Kim Nguyen, s’est mérité les statuettes du Meilleur montage et de la Meilleure direction artistique, Nelly a gagné le prix des Meilleurs costumes et Les 3 p’tits cochons 2, celui de l’Écran d’or 2016 pour le plus grand nombre d’entrées en salle. Du côté des courts métrages, Vaysha l’aveugle de Theodore Ushev, qui était aussi nominé aux Oscars, a été sacré Meilleur court métrage d’animation, et Mutants, d’Alexandre Dostie, a remporté le prix du Meilleur court métrage de fiction.

Parmi les autres prix remis lors du gala qui récompense aussi la télé canadienne, notons la consécration d’Orphan Black, qui a remporté pour la troisième fois le prix de la Meilleure série dramatique. Son actrice Tatiana Maslany est quant à elle repartie avec deux prix pour ses performances, une pour cette série et l’autre pour le film The Other Half. Le film Race, de Stephen Hopkins, a remporté quatre trophées, dont celui du Meilleur acteur remis à Stephan James.

Le festival Juste pour rire (JPR) a été honoré par l’humoriste américain Dave Chappelle, qui a qualifié l’événement de trésor national. «J’ai visité le Canada la première fois pour JPR. Pour les États-Unis, le Canada, c’est comme le petit frère gai qu’on ne savait pas qu’on avait», a-t-il lancé. Bruce Hills et Gilbert Rozon sont montés sur scène pour récupérer leur prix. Rozon a raconté que lorsqu’il rencontrait des producteurs à New York pour lancer son festival, ils pensaient tous qu’il était juif. «Est-ce qu’ils avaient entendu Jews for laugh?» a-t-il demandé.

Du côté de l’animation, Howie Mandel a livré une performance sympa, mais inégale. Son discours d’ouverture dans lequel il a baptisé les trophées «STD» a fait rire au départ. L’acronyme, l’équivalent en anglais de ITS pour ceux qui se le demanderaient, faisait référence aux prix que le gala récompense, soit l’excellence au grand écran (Screen), à la télévision (Television) et dans les médias numériques (Digital medias). Les premières fois où il a souligné que «Untel a eu deux STD cette année» étaient drôles, mais après 26 mentions, on ne riait plus.

Quelques autres moments comiques ont ponctué la cérémonie, qui a duré à peine plus de deux heures. Lors de la remise des deux premiers prix, des clins d’œil ont été lancés à la bourde des Oscars, où, a-t-on besoin de le rappeler, La La Land avait été nommé gagnant avant qu’on réalise que, oups on s’était trompés de carton, finalement c’est Moonlight, le Meilleur film. «Et le prix Écrans canadiens est remis à… La La Land! Euh… non, à Catherine O’Hara, a lancé le premier présentateur, remettant le prix de la Meilleure actrice dans une série comique pour son rôle hilarant dans Schitt’s Creek, qu’elle a d’ailleurs personnifié lors de ses remerciements. Puis, Adrian Holmes, nommé Meilleur acteur dans une série dramatique pour la version anglophone de 19-2, a pris la peine de vérifier que c’était bel et bien son nom qui était inscrit sur le carton gagnant.

On a rigolé, mais les temps sont aux discours engagés, et il y en a eu plusieurs dimanche soir. Beaucoup de gagnants ont salué la diversité, la tolérance, le vivre-ensemble, «des valeurs canadiennes», ont-ils mentionné. Les enjeux LGBT, l’immigration, la lutte pour l’émancipation des peuples autochtones et le travail des journalistes ainsi que des documentaristes contre les «fake news» ont notamment été cités par les récipiendaires.

Tout gala qui se respecte a ses moments de malaise. Il y en a eu un gros quand l’animateur Howie Mandel a demandé à une femme dans le public – une Québécoise qui ne semblait pas comprendre tout ce qu’il lui disait – de la suivre afin de lui trouver une place plus en avant. On voyait clairement à l’expression sur son visage qu’elle n’avait aucune envie de participer à ce sketch. Un deuxième gros malaise a suivi à peine deux minutes plus tard, lorsqu’un présentateur essayait très (trop) fort de faire rire le public lors d’un numéro complètement incohérent.

La cérémonie a aussi été l’occasion de célébrer la richesse culturelle du Canada. L’acteur Christopher Plummer, qui a reçu un prix hommage, a salué Montréal, une ville de fête, mais surtout de mélange des cultures francophones et anglophones, a-t-il dit, ajoutant en français: «Ce n’est pas la fin, j’espère!»

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