David Koskas/AZ Films Dans La Ch’tite famille, Dany Boon partage notamment l’écran avec Laurence Arné, qui incarne sa femme Constance Brandt.

Dany Boon, le plus populaire des cinéastes français, puise à nouveau dans ses origines pour faire rire dans son dernier film, La Ch’tite famille.

Auteur du film français le plus couru de tous les temps (Bienvenue chez les Ch’tis), celui qui est aussi acteur, humoriste et scénariste cumule les succès depuis une décennie et revendique pleinement son statut de réalisateur grand public.

«Ce sont des histoires qui véhiculent plusieurs émotions à la fois, qui nous font rire et nous émeuvent, répond doucement Dany Boon lorsqu’on lui demande de définir son cinéma. On rit et on pleure à la fois. Ce sont des histoires de gens simples qui vont toucher toute la famille, autant les enfants que les parents ou les grands-parents.»

La famille est justement au centre de son dernier long métrage, qui met en scène Valentin Duquenne (interprété par Boon lui-même), un designer qui a caché des origines ch’ties (ces prolos du nord de la France au parler pour le moins pittoresque) pour connaître du succès dans le snobinard milieu du design parisien.

Celui qui se prétendait orphelin voit toutefois sa machination révélée au grand jour lorsque sa famille, menée par sa mère (la bouillante Line Renaud), débarque en plein vernissage de sa rétrospective au prestigieux palais de Tokyo.

«J’ai le don de savoir faire rire et je me dois de respecter ce don.» – Dany Boon, réalisateur, qui désire se concentrer sur la comédie et n’envisage pas pour l’instant de tourner des drames. «La vie est assez dramatique comme ça», rigole-t-il. Par contre, il n’exclut pas de jouer, en tant qu’acteur, dans des films dramatiques, comme il l’a fait par exemple dans Joyeux Noël, en 2005.

«J’ai toujours revendiqué mon accent, j’ai toujours été fier de mes origines, de mon univers et du milieu dans lequel j’ai grandi», soutient celui qui est né à Armentières, à proximité de Lille, dans le nord de la France.

«Je l’ai revendiqué, j’en ai fait des sketchs, des films. Ç’a toujours été important pour moi. En écrivant cette comédie, je me suis posé la question: qu’est-ce qui se serait passé si j’avais fait l’inverse? Si en arrivant à Paris, j’avais renié et caché mes origines?» (Si on se fie à ce que Valentin vit avant que sa famille ch’tie débarque, sa carrière aurait été nettement moins intéressante.)

«Les histoires de famille, le rapport à ses parents, la honte de ses origines, ce sont des trucs universels qu’on trouve dans toutes les sociétés.»

Snobisme
La Ch’tite famille, c’est aussi la revanche des petites gens, celles que l’élite parisienne regarde parfois de haut en raison de leur habillement ou de leur façon de s’exprimer.

«En France, il y a une ségrégation entre les différents accents, les différentes régions. On associe souvent aux accents régionaux un côté provincial, plouc entre guillemets. On demande par exemple aux journalistes du Sud de masquer leur accent ou sinon de se contenter du sport. Comme si on ne pouvait pas prendre au sérieux quelqu’un parlant avec l’accent du Sud ou du Nord.»

Dany Boon a parfois lui aussi de la difficulté à être pris au sérieux avec ses comédies grand public.

Même si Bienvenue chez les Ch’tis, sorti en 2008, a généré plus de 20 millions d’entrées (soit presque un Français sur trois!) et que ses films suivants, Rien à déclarer, Supercondriaque et Raid dingue, ont tous dépassé les 4 millions de spectateurs, il n’a pas mis la main sur un César, la plus prestigieuse récompense du cinéma français, avant mars dernier.

Sa grande popularité a pratiquement forcé la création du César du public, remis au long métrage qui attire le plus de spectateurs, décerné le mois dernier à Raid dingue (4,5 millions d’entrées).

«On fait du cinéma pour les spectateurs», répète souvent l’acteur de 51 ans.

«Le cinéma, c’est un spectacle. Les premiers films des frères Lumière, c’était des comédies, pas des drames. Les réalisateurs qui vous disent qu’ils font du cinéma pour eux-mêmes et non pour le public mentent. Ou alors ils se trompent.»

Pour l’amour du septième art

Dany Boon se décrit volontiers comme un amoureux du cinéma.

«Je regarde tous les cinémas, je ne suis pas sectaire», plaide-t-il, avant de citer A Ghost Story, joli petit film mélancolique mettant en vedette Casey Affleck, comme son long métrage préféré du moment. J’aime aussi les films plus indépendants ou difficiles d’accès.»

Parmi ses influences, il cite les grands noms du cinéma populaire français comme Bourvil, Louis de Funès, Jacques Tati, Francis Weber ou Pierre Richard (qui incarne d’ailleurs son père dans La Ch’tite famille), mais aussi leurs pendants américains, Charlie Chaplin, Billy Wilder ou Frank Capra.

Celui dont le dernier one-man-show est disponible depuis peu sur Netflix reste attaché à la fréquentation des salles obscures. «Je pourrais avoir accès aux films gratuitement sans me déplacer, mais je préfère aller au cinéma. Et je paie ma place! La consommation change et évolue, mais ce désir de se déplacer, d’aller dans un endroit festif pour regarder un film en groupe demeure. Il y a une forme de communion au cinéma, les gens rient ensemble et sont heureux de rire ensemble.»

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