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Isaac Leblanc

Si le mois de décembre se prête bien à l’exercice des bilans, celui de janvier sert à prévoir ses objectifs pour l’année à venir. Au Fond mondial pour la nature (WWF-Canada), un souhait ressort par-dessus tout pour 2018: celui de voir les promesses se transformer en politiques de protections tangibles, car les besoins sont criants.

 Mettre fin au désinvestissement en environnement
«Au niveau du gouvernement fédéral, on attend un engagement financier [clair] lors de l’annonce du budget, en mars 2018», nous dit Sophie Paradis, Directrice pour le Québec du WWF-Canada.

Il y a deux semaines à peine, une coalition de 105 députés et 11 sénateurs déposait un plaidoyer pour «un investissement historique dans la protection des terres, des eaux et des océans du Canada», soit un budget de 1,4 milliard de dollars sur trois ans. Une initiative que le WWF-Canada espère voir se concrétiser avec impatience. L’urgence avait en effet été confirmée l’an dernier, dans le Rapport Planète vivante Canada – Regard national sur la perte de biodiversité du WWF-Canada. Les chiffres sont sans équivoque: la moitié (50%) des espèces contrôlées sont en déclin, et parmi celles-ci, le déclin est de 83% en moyenne par rapport à 1970.

Pourtant, la Loi sur les espèces en péril (LEP) existe au Canada depuis 2002, et de nombreuses espèces menacées sont déjà, théoriquement, sous sa protection. On peut penser par exemple au caribou toundrique, qui est en très mauvaise posture, ou encore à la rainette faux-grillon et au béluga. Pourquoi les résultats se font tant attendre? «Il y a une lourdeur administrative sur la question. Certaines espèces manquent de plans d’actions, d’autres de financement», explique Sophie Paradis.

«Avec le déclin des espèces qu’on connaît actuellement, on ne peut plus se permettre de désinvestir du milieu de l’environnement.»

Concrétiser la protection des aires marines du Saint-Laurent
La création d’aires marines protégées dans l’estuaire du Saint-Laurent est un autre dossier qui traîne depuis plus de 10 ans, malgré l’urgence. L’hécatombe dans la population de baleines noires de l’Atlantique Nord, auquel nous avons assisté à l’été 2017, en a été un triste rappel.

«Quand on parle d’aires marines protégées, elles peuvent d’ailleurs être dynamiques. C’est à dire que leurs territoires pourraient évoluer et changer en fonction du déplacement des espèces», précise Sophie Paradis. «Ce que l’on souhaite, ce sont des lieux de protection qui assurent une biodiversité de qualité, mais aussi de rendre ces lieux agréables et significatifs autant pour notre nature que pour notre communauté, en y développant la pêche durable, par exemple.»

Faire de Montréal une chef de file
Même au niveau municipal, les initiatives pour la protection de la biodiversité sont possibles et déjà en marche. Le WWF-Canada chapeaute d’ailleurs deux projets dans la métropole: Biopolis, sur la faune et la flore urbaine et la protection de ses milieux naturels, et Bleue Montréal, qui souhaite ramener les écosystèmes et la biodiversité aquatiques en ville. Espère-t-on de l’avancement dans ces dossiers avec la nouvelle administration?

«On sent plus d’ouverture, dit-on au WWF. On a très hâte de les rencontrer pour leur présenter nos projets. Ce sont des projets novateurs, qui peuvent réellement faire de Montréal un leader en terme de durabilité de son territoire.»

Pour en connaître davantage sur les projets du WWF-Canada (programme Québec), ou pour savoir comment vous impliquer, rendez-vous sur: wwf.ca/quebec
Facebook: @WWFCanadafrancais  | Twitter: @WWFCanadaFR

 

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