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Au printemps 2018, WWF-Canada s’est engagé avec 10 autres groupes environnementaux et citoyens afin de demander aux partis politiques d’intégrer 23 propositions jugées essentielles en matière d’environnement, de transport et d’aménagement pour le Québec et ont demandé à tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale d’inscrire ces propositions à leur plateforme électorale. Ces propositions ont été transmises le 13 avril aux quatre formations politiques, soit la Coalition Avenir Québec (CAQ), le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti Québécois (PQ), et Québec solidaire (QS) pour connaître leurs engagements en la matière et les analyses ont été complétés en septembre.

Voter pour vous, voter pour l’environnement!
En cette période électorale, les citoyens ont droit aux différents discours et promesses des partis politiques. À l’avant-plan de la campagne provinciale 2018, l’économie, l’identité québécoise et la création d’emploi prennent encore le devant de la scène dans les discussions, au détriment des questions environnementales et par conséquent, sociales vu l’impact des changements climatiques sur nos sociétés. Sur une planète toujours plus polluée, où la biodiversité diminue d’année en année, les propositions écologiques devraient s’ériger comme une priorité comme le bien-être de nos communautés, une économie sobre et des emplois pour une société durable.

«Les citoyens se souviendront de l’été 2018 pour la lourdeur et les nombreuses canicules et les violents feux de forêt qui ont ravagé des millions d’hectares ici comme ailleurs sur la planète. Il était donc crucial pour notre organisation ainsi que pour les autres groupes environnementaux d’analyser les engagements environnementaux des partis politiques afin de voir qui comprend et s’engage réellement pour le bien-être de nos communautés et de notre biodiversité», affirme Sophie Paradis, directrice pour le Québec au Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada).

Les réponses des partis et l’analyse des groupes sur les 23 propositions envoyées montrent que la CAQ est le parti qui répond le moins aux attentes des groupes environnementaux québécois, suivi de près par le PLQ. Le parti le plus engagé sur les enjeux environnementaux est QS et est suivi, en deuxième position par le PQ.

Des aires «économiquement» protégées
«Les résultats nous montrent que la CAQ n’a pas de plan spécifique quant à l’agriculture biologique et que sa compréhension des aires protégées est faible. Pour eux, il s’agit de territoire qui ne doit pas impacter le développement économique! D’ailleurs, le parti de François Legault a refusé de s’engager à atteindre un taux de protection d’au moins 10% des aires marines et 17% des aires terrestres, engagements issus d’ententes internationales», déplore la directrice pour le Québec du WWF-Canada. «Notre’objectif n’est pas d’opposer économie et questions sociales à l’environnement, mais de bien comprendre que nous sommes dépendants de notre environnement, et plus il se porte mal, plus nos sociétés et notre économie se portent mal», ajoute Mme Paradis.

Pour améliorer l’environnement au Québec, des mesures concrètes doivent être prises. Le transport collectif, l’agriculture, la protection de la biodiversité et les changements climatiques sont quelques-uns des thèmes abordés par les 23 propositions. Voici quelques-unes de ces propositions.

• Réduire d’au moins 50% les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports d’ici 2030;

• Investir 100 millions de dollars par année, pendant trois ans, dans les infrastructures cyclables, en partenariat avec le Fonds des infrastructures en transport du Canada;

• Adopter une loi visant à réduire de 50% l’utilisation des pesticides en milieu agricole et de 95% en milieu urbain, d’ici 2025;

• Atteindre 10% d’aires marines protégées dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et 17% d’aires terrestres, d’ici 2020;

• Consacrer 1% des budgets d’infrastructures du Québec au développement d’infrastructures naturelles (boisés, milieux humides, mesures de verdissement urbain, etc.).

La biodiversité en danger
Grâce à un indice de performance écologique élaboré par la WWF-Canada, des résultats alarmants ont confirmé que la moitié des espèces animale au pays sont en déclin. La principale cause de cette diminution réside dans la perte de biodiversité.

Celle-ci s’explique par de nombreux facteurs. D’abord, par la perte d’habitat pour les animaux engendré par la foresterie, l’urbanisation et le développement industriel. Au cours du dernier siècle, la croissance des villes a doublé au pays. On trouve également des polluants toxiques qui perturbent l’environnement des animaux, par exemple, les effluents d’eaux usées et le ruissellement agricole ou encore les déchets plastiques. Enfin, la surpêche surexploite les ressources marines et certaines populations de poissons ont été réduites de façon considérable.

Citoyens avisés
En tant qu’électeur ayant à cœur l’environnement, quel est le meilleur moyen de faire valoir ses valeurs? «En s’informant et en prenant action, encourage Sophie Paradis. Tout le monde connaît les conséquences des changements climatiques, mais on doit lire les plateformes des partis politiques avant de voter.»

Réduire à la source, mieux consommer et utiliser les transports collectifs sont autant de moyens de faire sa part. On peut également participer aux activités de sensibilisation de la WWF-Canada ou consulter biopolis.ca, un site web qui met de l’avant des projets citoyens, entrepreneuriaux et gouvernementaux en plus de fournir une mine d’or d’informations sur la biodiversité urbaine.

Pour consulter les résultats de l’analyse des groupes environnementaux des quatre partis politiques, cliquez ici.

Pour consulter la plateforme du Parti vert du Québec qui n’a pas fait partie de l’analyse (seuls les partis présents à l’Assemblée nationale étaient analysés) mais qui a des engagements clairs en environnement, cliquez ici.

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