Changer une enfant handicapée de grande taille dans des lieux publics peut s’avérer compliqué en raison du manque d’installations adaptées. Les parents ont toutefois une lueur d’espoir puisque l’aéroport Montréal-Trudeau vient d’inaugurer la première salle d’hygiène publique au Québec.

salle-hygiene-3Stéphanie Leclerc croit que cette toilette, qui comporte notamment un treuil et une table à langer pour adulte, pourra les aider à voyager. Mais la mère de Sarah, une fillette de 7 ans atteinte du syndrome Phelan-McDermid, une rare anomalie des chromosomes, souhaite qu’elles servent d’exemple aux centres commerciaux et aux hôpitaux, entre autres.

«On ne peut pas aller n’importe où, comme au cinéma, ou faire un long voyage», soutient Laura, la sœur aînée de la famille originaire de Québec.

L’absence de toilettes publiques adaptées les oblige à changer les couches de Sarah à même le sol, sous le regard d’étrangers, ou encore dans l’auto. C’est d’ailleurs pour cette raison que la fillette, qui souffre de retards de développement moteur, d’un manque de tonus musculaire et d’une déficience intellectuelle, n’a pu être présente.

Un premier pas
L’investissement d’Aéroport de Montréal (ADM) de 600 000$ pour deux salles d’hygiène aux aires d’arrivées et de départs domestiques, stérilisées après chaque utilisation, est encourageant pour les parents d’enfants handicapés.

«C’est majeur. On peut dire aux gens de venir voir à quoi ça ressemble, de venir constater par eux-mêmes», a indiqué Mme Leclerc, en marge de l’inauguration, lundi.

salle-hygiene-1ADM, inspiré du modèle Changing Places du Royaume-Uni, a été sensible à sa cause après trois ans de démarches. Une troisième salle pourrait également être aménagée du côté sécurisé de Montréal-Trudeau.

«Ça commence à évoluer. On sait que la population est vieillissante et qu’il y aura de plus en plus de problèmes de mobilité. Il faut rendre le marché touristique accessible, les avions, les salles de bains», estime le président-directeur général et fondateur de Kéroul, André Leclerc, qui a collaboré au projet.

Légiférer
«Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais on va l’avoir», prétend l’homme de 62 ans atteint de paralysie cérébrale à la tête de l’organisme qui vise à rendre le tourisme accessible.

Une pétition a été déposée à l’Assemblée nationale, le 9 décembre, avec jusqu’à maintenant plus de 1000 signatures.

«Le but ultime serait que ça soit prévu dans les lois et règlements, pour ne pas que les proches aidants soient obligés de faire les démarches», souhaite pour sa part Mme Leclerc.

Elle demande notamment la création d’un comité interministériel pour déterminer les équipements requis dans les salles de changement, ainsi que les établissements qui en seraient munis.

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