Isabelle Bergeron/TC Media Le Centre d’hébergement Denis-Benjamin-Viger à L’Île-Bizard accueille 125 aînés.

Un syndicat qui représente des professionnels du réseau de la santé se dit «estomaqué» par des conditions qui sévissent au centre d’hébergement Denis-Benjamin-Viger, dans l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) affirme que des coupes dans le personnel au centre d’hébergement ont eu un effet direct sur la santé des 125 patients, qui ont en moyenne plus de 80 ans et qui sont pour la plupart aux prises avec des problèmes cognitifs et de perte d’autonomie.

Certains patients doivent rester assis dans leur fauteuil jusqu’à 23h30, faute de personnel pour les reconduire à leur chambre, déplore la FIQ. De plus, les employés du quart de nuit ne peuvent effectuer qu’une seule tournée, ce qui veut dire qu’un patient pourrait porter une culotte d’incontinence qui n’a pas été changée depuis plusieurs heures.

«L’alimentation des bénéficiaires est tellement déficiente par manque de personnel que les gens sur place pour les faire manger ont seulement six minutes pour faire manger les personnes âgées», affirme la présidente de la FIQ, Régine Laurent. Elle ajoute que plusieurs patients ont subi des pertes de poids au cours des derniers mois.

Photos à l’appui, la FIQ a aussi dénoncé des lacunes hygiéniques dans l’établissement, dont des moisissures dans la salle de bain, un plafond de douche qui menace de s’effondrer et des chambres de patient en piètre état.

«Il faut prendre soin de nos personnes âgées, il faut qu’on donne des soins humains, sécuritaires, et de qualité. Visiblement, ce n’est pas le cas à Denis-Benjamin-Viger.» – Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé

«Ça s’en vient au point où ça se détériore tellement que nous avons atteint un point de non-retour, a témoigné l’infirmière-chef d’équipe Sandra Dahl, qui travaille au centre. Il y a des coupes dans le personnel, alors il y a un effet boule de neige.»

La FIQ affirme avoir averti la direction de l’établissement et le ministère de la Santé du Québec. «Nous demandons d’agir rapidement. Depuis février, des démarches sont faites à l’interne et rien ne bouge», a laissé tomber Mme Laurent.

Du côté du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui gère l’établissement, on a rejeté la plupart des accusations de la FIQ.

Le directeur du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées (PSAPA), Patrick Murphy-Lavallée, a soutenu qu’il n’est pas vrai que les usagers ne disposent que de six minutes pour manger leur repas. «Je ne comprends pas d’où vient ce chiffre. Notre personnel prend le temps qui est requis pour assurer l’alimentation de nos résidents», a-t-il assuré.

Il note aussi que les patients sont suivis par une diététicienne, et que seulement deux ont subi des pertes de poids, et que celles-ci sont liées à leur condition médicale.

La directrice adjointe du PSAPA, Louise Audet, reconnaît que certaines situations pourraient être améliorées, mais que la direction a déjà apporté des correctifs. «On a révisé l’organisation du travail, et on a alloué les ressources nécessaires pour être capable de mener des interventions auprès des résidants», dénote-t-elle.

M. Murphy-Lavallée ajoute que des travaux seront terminés d’ici Noël pour régler plusieurs des problèmes de l’édifice, construit dans les années 1980.

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