Photo: Archives L’ancien maire d’Outremont, Stéphane Harbour.

L’histoire de fraude impliquant l’ancien maire d’Outremont, Stéphane Harbour, qui dure depuis déjà cinq ans, ne connaîtra pas son dénouement avant quelques mois. À la suite des plaidoyers des différentes partis, la juge Louise Villemure a decidé de reporter la décision sur la peine de M. Harbour au 2 novembre.

M. Harbour, coupable d’avoir fraudé pour 2100$ de deniers publics, est venu raconter son histoire devant la cour vendredi, alors que les différents partis ont fait entendre leur plaidoyer lors des représentations sur sentence.

Le maire élu en 2005 avec l’appui de 70% de la population outremontaise disait regretter amèrement ses gestes vendredi. «C’était une mauvaise décision, je n’aurais jamais dû», a-t-il dit après avoir raconté «la descente aux enfers» qui a suivi son arrestation en avril 2010.

Sans emploi et sans revenu, suite à son arrestation, M. Harbour a peiné à se trouver un boulot. «J’ai été concierge pendant six mois, j’avais les mains dans le plâtre tous les jours», raconte-t-il. Un emploi qu’il a perdu lorsqu’il a plaidé coupable le 26 janvier dernier à quatre chefs d’accusation de fraude, de fabrication et d’usage de faux documents.

«Quand je suis arrivé sur le conseil de la Ville de Montréal, les demandes d’entretien et les questions en anglais étaient plus fréquentes, raconte-t-il. J’avais honte de mon niveau, je ne voulais pas exposer cette forme d’incompétence sur la place publique alors j’ai utilisé ce moyen detourné pour prendre des cours. Ce qui n’était pas la meilleure decision.»

M. Harbour a fraudé ses concitoyens pour 2191.59$ en cours d’anglais d’une valeur de 1800$ et en demandant des remboursements pour deux repas de travail, totalisant environ 200$.

M. Harbour a depuis remboursé la totalité de la somme utilisée frauduleusement entre le 1er janvier 2005 et le 16 mai 2007.

L’absolution demandée
À la suite de son plaidoyer, le procureur de la Couronne, Claude Dussault, a proposé à la juge une sentence d’emprisonnement avec sursis de 4 à 6 mois, une probation de un an et n’excluant pas la possibilité des travaux communautaires.

Même si M. Harbour n’aurait fait qu’une «petite erreur», «il a pris des deniers publics qui ne lui revenaient pas», souligne M. Dussault devant la cour.

Le plaidoyer de l’avocate de M. Harbour, Nadine Touma, focalisait en grande partie sur la détresse psychologique qu’a subit son client suite au choc émotif qu’a impliqué sa démission et la couverture médiatique qui l’a suivie.

Selon elle, il est important de noter que M. Harbour regrette son geste et que cet évènement est isolé en regard de sa carrière au sein du conseil municipal qui a duré de 1995 à 2007.

Vendredi après-midi, Mme Touma proposait l’absolution inconditionnelle pour son client. «Si vous croyez que la dénoncitaion et la dissuasion mérite que vous imposiez autre chose que l’absolution inconditionnelle, je vous propose alors l’absolution conditionnelle», a-t-elle indiqué à la juge.

L’ancien maire d’Outremont et ses deux collègues, l’ex-directeur général de l’arrondissement d’Outremont, Yves Maillot, et l’ex-directeur adjoint, Jean-Claude Patenaude, se faisaient arrêter en 2010 par la Sureté du Québec pour une présumée fraude de 72 000$ envers ce qui était à l’époque la Ville d’Outremont.

Le 21 et 22 janvier 2016, se tiendra le procès des deux anciens collègues de M. Harbour à la Ville d’Outremont, l’ex-directeur général de l’arrondissement d’Outremont, Yves Maillot, et l’ex-directeur adjoint, Jean-Claude Patenaude.

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