Emmanuel Delacour/TC Media Les manifestantes de l'Écho des femmes étaient dans la rue, lundi 17 octobre, pour souligner la lutte contre la pauvreté.

Plusieurs dizaines de femmes ont foulé l’asphalte de la rue Saint-Hubert, parées de costumes colorés pour revendiquer de meilleures conditions de vie.

«Tarifer, privatiser, ce n’est pas notre projet de société», ont scandé celles-ci à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, lundi 17 octobre.

Cette marche festive visait aussi à souligner un anniversaire important, soit les 30 ans de l’Écho des femmes, un centre de jour qui vient en aide aux femmes seules et en difficultés.

«Aujourd’hui, nous réclamons le salaire minimum à 15 $ de l’heure. Mais nous sommes aussi contre le projet sur l’aide sociale, la loi 70. De manière générale on demande des mesures pour mettre fin à la pauvreté», a affirmé Judith Rouan, porte-parole pour l’Écho des femmes.

La pauvreté touchant les personnes qui ont un emploi, particulièrement les femmes, fâche, mais ne surprend pas Françoise David, co-porte-parole pour Québec Solidaire.

«Le gouvernement ne s’y attaque pas! Pourquoi ces femmes-là sont-elles pauvres? Parce qu’elles occupent souvent des emplois dans les services privés. Elles sont vendeuses, coiffeuses, serveuses, des emplois très sous-payés, au salaire minimum. Un de moyen de permettre aux hommes et femmes de travailler et à la fin de la semaine d’avoir un revenu décent c’est d’augmenter le salaire minimum», a insisté la députée de Gouin.

Mme David dénonce aussi le fait que plusieurs personnes n’ont pas le choix d’accepter des emplois à temps partiel, souvent dans les magasins de grande surface.

Selon les informations fournies par les membres de l’Écho des femmes, l’organisme compte environ 150 membres permanents, et vient en aide à près de 1000 femmes par année, de La Petite-Patrie, mais aussi d’ailleurs dans la métropole. Celles-ci ont souvent entre 50 et 60 ans, vivent seules et ont eu un «parcours de vie difficile», explique Mme Rouan.

Un portrait sombre de la pauvreté
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a diffusé des statistiques concernant la pauvreté à Montréal.

On y apprend que de 2001 à 2012, le nombre des travailleurs pauvres, c’est-à-dire les personnes ayant un emploi, mais vivant avec un revenu en dessous du seuil de la pauvreté, a crû d’environ 30 % dans le Grand Montréal.

Parmi ceux-ci, 38 % sont des chefs de famille monoparentale de moins de 30 ans, en majorité des femmes.

De plus, 27 % des immigrants récents sont des travailleurs pauvres; ils sont 5 fois plus à risque que les non-immigrants (6 %) de l’être.

«À Montréal, le statut familial et, en particulier, la monoparentalité féminine semblent la variable la plus déterminante dans l’explication du phénomène des travailleurs pauvres. Les immigrants souffrent aussi davantage de cette situation, quel que soit leur niveau d’éducation. Il est essentiel de prendre en compte la réalité de ces travailleurs au sein des politiques publiques et des interventions communautaires en raison de leur nombre grandissant », a souligné Xavier Leloup, chercheur à l’INRS.

«À Montréal, l’espérance de vie peut être diminuée de 11 ans d’un quartier riche à un quartier pauvre. D’où l’importance d’intervenir le plus tôt possible auprès des enfants et de leurs familles pour briser le cycle de la pauvreté », a affirmé Lili-Anna Pereša, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal.

On observe une concentration du phénomène des travailleurs pauvres sur l’île de Montréal. Les taux les plus élevés se retrouvent dans les quartiers montréalais Parc-Extension (30,7 %), Peter-McGill (19,7 %), Côte-des-Neiges (18,9 %), Petite Bourgogne (18,5 %), Pointe-Saint-Charles (18,2 %), Saint-Michel (17,6 %) et Saint-Henri (17,5 %).

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