Emmanuel Delacour/TC Media Le curé Jean-Baptiste Thanh Son Dinh est à la tête de la Communauté catholique vietnamienne de Montréal depuis 2000.

À une époque où les Québécois délaissent leurs églises, certaines communautés issues de l’immigration reprennent le flambeau de la foi catholique, à l’instar des fidèles des Saints Martyrs du Vietnam.

Officiellement reconnu au sein du diocèse de Montréal en 1979 par l’archevêque Paul Grégoire, ce groupe est passé de quelques centaines de croyants à sa fondation à plus d’un millier aujourd’hui. Il porte le nom des 119 martyrs canonisés par le pape Jean-Paul II en 1988.

C’est en plein déménagement de leurs anciens locaux de l’église Saint-Philippe, située dans La Petite-Patrie vers l’église Saint-Marc, sur la rue Beaubien Est, que TC Media a rencontré le curé Jean-Baptiste Thanh Son Dinh, qui dirige la communauté.

«La raison principale pour laquelle nous changeons de lieu de culte est notre besoin de locaux pour offrir plus d’activités pour les jeunes», affirme le curé.

Qu’est-ce qui explique cet intérêt pour la religion catholique au sein de la communauté vietnamienne? Selon l’homme de foi, l’importance du tissu familial y est pour quelque chose.

«En vietnamien on se présente toujours par notre nom de famille, ça illustre bien à quel point c’est important pour nous. De plus, je crois que les Vietnamiens sont des gens d’une très grande foi, tout simplement», insiste-t-il.

Toutefois, il ne s’en cache pas, la ferveur religieuse est moins ardente chez les Vietnamiens qui vivent au Québec que chez ceux qui résident dans leur pays d’origine. Le curé Jean-Baptiste y voit là un effet «normal» de la culture québécoise sur les jeunes d’ici.

Une communauté bien ancrée
Lui-même issu d’une famille catholique, M. Thanh a immigré au Canada en 1980, durant la période de la venue des «boat people». Après avoir étudié au petit séminaire dans sa terre natale, celui-ci fait son grand séminaire à Montréal, où il étudie la philosophie et la théologie. Puis suivent quelques années de services pour le diocèse de la métropole et la complétion d’une maîtrise en théologie biblique à l’Université de Montréal. Enfin en 2000, le curé Jean-Baptiste devient responsable de la Communauté catholique Vietnamienne de Montréal.

Celui-ci peut se vanter d’attirer des fidèles de partout sur l’île et aussi des banlieues. D’ailleurs, le manque de place de stationnement gêne fréquemment sa congrégation, avoue-t-il.

«Dans le temps de Noël nous pouvons recevoir près de 1800 personnes. Nous avons aussi quatre chorales, très populaires auprès des jeunes», dit l’homme de foi.

Une cinquantaine de personnes n’étant pas issues de la communauté vietnamienne fréquentent encore les services de l’église Saint-Marc, pour lesquels le curé se veut accommodant.

Cependant, les services des Saints Martyrs du Vietnam se font dans la langue d’origine des paroissiens. «Si nous avons plus de fidèles qui ne parlent pas vietnamien qui se présentent, nous sommes prêts à faire des services en français, après tout l’important c’est que le message de la Bonne Nouvelle soit diffusé», explique M.Thanh.

Le catholicisme au Québec
Dans la belle province, ce sont encore surtout les personnes non immigrantes qui se disent catholiques, soit 94,3%, tandis que seulement 5,5% des populations immigrantes se réclament de cette confession. Il en va de même dans la métropole, puisque 88,7% des populations non immigrantes se disent catholique, contre 10,9% de personnes issues de l’immigration, selon le recensement de la population de 2001 de Statistiques Canada.

Si selon les plus récentes données recueillies en 2011, près de 75% des Québécois se disaient d’affiliation catholique, tandis que seulement 11% des gens sondés affirmaient pratiquer hebdomadairement leur religion. Comparativement, en Ontario 31% des personnes recensées étaient de confession catholique, mais 21% des personnes interrogées participaient à une cérémonie religieuse chaque semaine.

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