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Plan contre la pauvreté: du bon et du moins bon

Des groupes sont ravis du fait que le plan de lutte contre la pauvreté 2017-2023 du gouvernement Couillard évoque un revenu minimum garanti (RMG) et un soutien financier à l’action communautaire, mais déplorent le traitement différent réservé aux personnes inaptes et aptes à travailler.

Centraide du Grand Montréal trouve particulièrement «intéressants» la reconnaissance et le financement bonifié accordés aux organismes communautaires.

Idem pour l’augmentation progressive du revenu de base pour les personnes jugées inaptes au travail et l’idée d’un plan pour évaluer précisément les actions menées.

«On peut toutefois se demander si les mesures annoncées seront suffisantes pour combler les nombreux besoins des ménages du Grand Montréal», s’interroge dans un communiqué l’organisation qui aide quelque 350 organismes.

Bons et mauvais pauvres
Le plan déplaît avec ses mesures qui incitent les prestataires d’aide sociale à intégrer le marché de l’emploi, au péril de pénalités.

«Le gouvernement veut forcer les gens à intégrer le marché du travail et pénaliser ceux et celles qui ne le pourront pas en les privant de revenus supplémentaires», critique le le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc.

D’après son plan, Québec instaurera un revenu de base assuré pour les personnes jugées inaptes au travail. Ce revenu serait distinct du programme d’aide sociale. Afin d’y arriver, il consent 1,2 milliard de dollars afin de faire passer les prestations annuelles de quelque 84 000 personnes de 12 749$ à 18 029$.

Pour les personnes jugées aptes au travail, le régime actuel d’aide sociale donnerait droit à de plus grosses primes de formation et de recherche d’emploi. Toutefois, les pénalités introduites par le polémique projet de loi 70 demeurent.

«Ainsi, la prémisse de ces mesures n’est donc pas de sortir les personnes de la pauvreté, mais bien sortir les personnes de l’aide sociale afin de fournir de la main-d’œuvre bon marché à l’industrie », déplore dans un communiqué la présidente du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), Claudelle Cyr.

Travailleurs pauvres
Le RQ-ACA plaide en faveur d’une hausse du salaire minimum et d’une amélioration des conditions de travail.

Environ 40 % des personnes pauvres au Québec sont des travailleurs, qui affluent vers les ressources d’aide alimentaire, rappelle la présidente du Réseau.

Mince rattrapage
Pour les organismes communautaires qui combattent la pauvreté, le financement bonifié est bienvenue après des années de stagnation et de revendications.

Il s’agit d’un rattrapage financier important, mais qui ne représente qu’environ 30% des besoins réels, selon le RQ-ACA.

«Malgré toutes les critiques qu’on peut faire de ce plan d’action gouvernemental,  il y a une bonne nouvelle pour les organismes communautaires dont plusieurs verront leur financement à la mission augmenter», affirme dans un communiqué la coordonnatrice du (RQ-ACA), Caroline Toupin.

En plus d’être un «rendez-vous manqué», le plan du gouvernement «néglige des centaines de milliers de personnes et creuse les inégalités» entre personnes aptes et inaptes au travail, s’insurge le Front commun des personnes assistées sociales du Québec.

«Dans son approche, le ministre Blais considère que les personnes à l’aide sociale n’ayant pas de contrainte sévère reconnue ne méritent pas d’amélioration de leurs conditions. C’est scandaleux!», s’indigne Yann Yann Tremblay-Marcotte, du Front.


Proportion de ménages de l’est de Montréal à faible revenu:

Source: Statistique Canada (recensement 2011), compilation par la Ville de Montréal